Air cocaïne: «Géolocalisé» par la justice, Sarkozy prépare sa riposte

INFO «20 MINUTES» Le patron des Républicains entend avoir des explications sur le travail de la juge d’instruction…

William Molinié

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L'ex-président Nicolas Sarkozy, le 29 octobre 2015 fait un discours devant les étudiants du MGIMO, le prestigieux institut des relations internationales de Moscou
L'ex-président Nicolas Sarkozy, le 29 octobre 2015 fait un discours devant les étudiants du MGIMO, le prestigieux institut des relations internationales de Moscou — KIRILL KUDRYAVTSEV AFP

Nicolas Sarkozy a-t-il été à nouveau victime d’acharnement de la part de la justice ? L’ancien président envisage des « démarches judiciaires pour obtenir des explications sur le travail de la juge d’instruction » dans l’affaire « Air cocaïne », a appris 20 Minutes auprès de son entourage, ce dimanche.

La raison de la colère du patron des Républicains ? La juge d’instruction de Marseille, Christine Saunier-Ruellan, a épluché ses fadettes pendant un an et géolocalisé son téléphone portable dans le cadre de l’enquête portant sur la découverte de 700 kg de cocaïne à Punta Cana le 19 mars 2013. Le JDD, qui rapporte ce dimanche ces informations parues dans un livre sur l’affaire il y a un mois*, avance que cette juge a profité de l’information judiciaire ouverte pour trafic de drogue pour enquêter sur les vols en jet privé de Nicolas Sarkozy.

« On est très choqué »

Pour comprendre comment le nom de l’ancien président apparaît dans cette rocambolesque affaire, il faut revenir au jet privé chargé de cocaïne et saisi par les autorités dominicaines. C’est ce même Falcon 50 qu’a utilisé Nicolas Sarkozy à la même période pour se rendre à des conférences, dans le monde entier. Sauf que la juge se rend compte que ce n’est pas lui qui a payé la facture, mais la société d’un de ses amis, Stéphane Courbit, via sa compagnie Lov Group.

« Evidemment, la juge d’instruction n’a jamais pensé que Sarkozy était un trafiquant de drogue. En revanche, ces vols payés par une autre société l’ont intriguée, et pour elle, ça s’appelle de l’abus de bien social », explique à 20 Minutes Marc Leplongeon, co-auteur de L’Affaire Air Cocaïne, mafia et jets privés*. Selon l’entourage de l’ancien président, la juge est allée trop loin : « On est très choqués. C’est comme si vous preniez un taxi. Que le passager après vous était un trafiquant de drogue et que la justice, du coup, s’autorisait à enquêter sur vous. Inouï ! »

Sarkozy téléphone à… Carla

« Evidemment, les défenseurs de Sarkozy y voient l’illustration de l’acharnement de la justice contre lui. Et objectivement, cela s’apparente à un excès de zèle », poursuit Marc Leplongeon. D’autant que l’enquête sur les deux lignes téléphoniques de l’ancien président n’a pas été vraiment fructueuse. A peine, a-t-elle démontré qu’il appelait régulièrement… sa femme, sa belle-sœur, son associé, sa collaboratrice, son garde du corps et l’animateur Arthur. Rien de bien suspect, donc…

En réaction, la défense de l’ex-président de la République doit, selon nos informations, entamer dès lundi une riposte judiciaire. La juge d’instruction n’aurait dû faire que de simples vérifications concernant les faits d’un éventuel abus de bien social. Or elle a demandé les relevés téléphoniques de Nicolas Sarkozy sur une longue période, allant de « mars 2013 à mars 2014 ». L’avocat de l’ancien président, Thierry Herzog, n’était pas joignable dans l’immédiat et n’a pas pu confirmer la nature de ces poursuites envisagées. « Il s’exprimera demain (lundi) », indique-t-on simplement.

*L’affaire Air cocaïne, mafia et jets privés, Marc Leplongeon, Jérôme Pierrat (Seuil).