Marche pour la dignité: Des milliers de manifestants à Paris contre les violences policières et le racisme

SOCIETE Plusieurs milliers de personnes défilent ce samedi dans les rues de Paris dix ans après les émeutes en banlieue…

C.P. avec AFP
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Recueillement à Clichy-S/Bois, 10 ans après la mort de 2 ados
Recueillement à Clichy-S/Bois, 10 ans après la mort de 2 ados — Julie Charpentrat, FRANCIS CURTA, Laurence de Suremain AFPTV

Une banderole, « Marche de la dignité contre le racisme » et un slogan « Justice, réparations, unité ». Dix ans après la mort dans un transformateur électrique de Clichy-sous-Bois de Zyed Benna et Bouna Traoré, un drame qui avait enflammé les quartiers populaires pendant près de trois semaines, des milliers de personnes se sont réunies à Paris ce samedi en début d’après midi pour dénoncer les violences policières, le racisme et les humiliations.

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La marche pour la dignité, contre le racisme, a débuté à Barbès avec des femmes aux premiers rangs #AFP pic.twitter.com/Rm7I3zASST
— Pauline Froissart (@pfroissart) October 31, 2015

« Nos quartiers ne sont pas des stands de tir »

Les manifestants, certains arrivés en bus de province, sont partis du quartier populaire de Barbès, dans le nord de la capitale, à l’initiative de la Marche des femmes pour la dignité (Mafed), collectif de femmes soutenues par la militante américaine des droits civiques Angela Davis et des dizaines de personnalités et d’associations luttant contre les discriminations.

Il y a beaucoup de monde C’est déjà une réussite #MarcheDeLaDignite #Mafed @marchedignite pic.twitter.com/F4Mf11pGbC
— Mohamed Nathmaza (@nathmaza) October 31, 2015


« Aujourd’hui en France, si vous n’avez pas la bonne couleur de peau (…) vous pouvez mourir aux mains de la police », a lancé au micro Amal Bentounsi, la porte-parole de la Mafed.

Selon cette dernière, dont le frère a été tué par un policier à Noisy-le-Sec en 2012 alors qu’il tentait d’échapper aux forces de l’ordre, « on stigmatise les gens issus des quartiers populaires, il y a un mépris ».

« On veut rendre visibles ces gens qu’on ne voit pas. Il faut réaffirmer notre dignité », a déclaré à l’AFP Amal Bentounsi, qui préside le collectif « Urgence notre police assassine ».

Dans le cortège, on pouvait voir des banderoles telles que : « nos quartiers ne sont pas des stands de tir » et quelques drapeaux palestiniens.

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32 ans après

Cette manifestation intervient aussi 32 ans après une marche pour l’égalité contre le racisme qui s’était achevée par un rassemblement de 100.000 personnes à Paris et la réception d’une poignée de marcheurs à l’Elysée.

Trois décennies plus tard, « en plus des conditions sociales toujours plus déplorables, le harcèlement des populations des quartiers, leur humiliation, constituent le quotidien pour les Noirs, les Arabes, les Roms et les Blancs des quartiers », estiment les organisateurs.

Les manifestants doivent rejoindre la place de la Bastille pour un concert avec en tête d’affiche les rappeurs Médine, Disiz, Tunisiano ou encore Kery James, auteur d’un morceau en hommage à Zyed et Bouna, déjà vu plus de 1,5 million de fois depuis qu’il a été posté mercredi sur Internet.