Abus de confiance, mandat d'arrêt, garde à vue... Le parcours de Thomas Fabius

JUSTICE «20 Minutes» revient sur l'itinéraire du fils du ministre des Affaires étrangères...

M.P.

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Thomas Fabius, fils de Laurent Fabius, le 1er juin 2011 au au Tribunal de Grande Instance de Paris.
Thomas Fabius, fils de Laurent Fabius, le 1er juin 2011 au au Tribunal de Grande Instance de Paris. — AFP PHOTO BERTRAND GUAY

Article mis à jour le 15 décembre 2015, après le placement en garde à vue de Thomas Fabius.

Thomas Fabius, le fils du ministre français des Affaires étrangères, fait de nouveau la une des journaux. Après l'émission d'un mandat d'arrêt aux Etats-Unis, pour des chèques en bois laissés dans les casinos américains, le fils de Laurent Fabius, a été placé en garde à vue en France mardi 15 décembre dans le cadre d’une enquête pour faux, escroquerie et blanchiment. L’occasion pour 20 Minutes de retracer le parcours judiciaire du jeune homme de 34 ans.

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7 millions cash pour un appartement

En 2013, sur signalement de Tracfin, la cellule anti-blanchiment du ministère des Finances, une enquête pour « faux » et « blanchiment d’argent » est ouverte à l’encontre de Thomas Fabius. Le jeune homme a en effet acheté un appartement de 285 m2 en plein Paris pour la modique somme de 7,5 millions. La justice s’intéresse de près aux conditions de cette acquisition de la part d’un homme qui n’est même pas imposable. C’est la première fois que Thomas Fabius est entendu dans cette affaire par les enquêteurs de l’office central de répression de la grande délinquance financière de la direction centrale de la police judiciaire.

Nuit de folie dans un casino de Las Vegas

Alors que son père s’apprête à être nommé ministre des Affaires étrangères de François Hollande, le 16 mai 2012, Thomas Fabius est à Las Vegas, écumant les casinos, avec de faux chèques en poche. Utilisant un chéquier de la banque italienne Banca Monte dei Paschi di Siena, il a libellé trois chèques à l’ordre de l’hôtel de luxe-casino The Palazzo : un de 200.000 dollars, un de 409.000 dollars et le troisième d’un million de dollars. Au Aria Resort & Casino, un autre complexe offrant des jeux et des chambres luxueuses, le passionné de la roulette a remis cinq chèques, en sortant cette fois un carnet de la Société Générale : deux chèques de 300.000 dollars, deux chèques de 100.000 dollars et un dernier de 200.000 dollars. Enfin, au casino Cosmopolitan of Las Vegas, Thomas Fabius a laissé un chèque de 900.000 dollars, « sachant que le chèque ne serait pas encaissé quand il serait présenté », a relevé la plainte officielle. Préjudice total : 3,5 millions de dollars. Résultat : la justice américaine diffuse un mandat d’arrêt visant le fils Fabius et des poursuites « Etat du Nevada contre Thomas Emmanuel Fabius » sont officiellement engagées. S’il remet les pieds aux Etats-Unis, le joueur invétéré, déjà interdit de casinos en France, passera illico par la case prison.

Barrage policier forcé

Alors qu’un incendie est en cours rue Constantine dans le 7e arrondissement le 9 juillet 2014, un périmètre de sécurité est mis en place par les policiers. Ce qui n’est pas du goût de Thomas Fabius qui, au volant de sa berline, refuse de suivre les consignes. Il est interpellé quelques minutes plus tard, puis conduit au commissariat. Pour finalement ressortir libre, après, attention rare, avoir pu passer un coup de fil à son avocat.

Abus de confiance

En 2011, il a été condamné à 15.000 euros d’amende pour abus de confiance après la plainte de deux ex-associés. Ces deux hommes avaient fait affaire avec Thomas Fabius pour développer un système de carte à puces en Afrique. Ils avaient avancé de grosses sommes d’argent qui auraient disparu et les deux hommes l’accusent d’avoir utilisé cet argent… pour jouer dans les casinos. Une de ses passions… qui l’amène à être interdit de jeu dans les casinos français. Le fils de l’ex-Premier ministre a choisi de plaider coupable pour éviter la prison.