Air Cocaïne: Pourquoi l'accord d'extradition entre la France et Saint-Domingue ne sera pas appliqué

JUSTICE Le gouvernement dominicain a indiqué, mardi soir, qu’il allait lancer un mandat d’arrêt international à l’encontre de Pascal Fauret et Bruno Odos…

Vincent Vantighem
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L'audience préliminaire de Bruno Odos et Pascal Fauret se poursuit lundi 
L'audience préliminaire de Bruno Odos et Pascal Fauret se poursuit lundi  — ERIKA SANTELICES / AFP

Ils ne devraient pas poser de sitôt un orteil sur le sable de la plage de Punta Cana. Pascal Fauret et Bruno Odos, les deux pilotes impliqués dans l’affaire dite « Air Cocaïne », ne seront pas extradés vers la République dominicaine malgré leur condamnation, là-bas, à 20 ans de prison pour « trafic de stupéfiants », a indiqué, ce mardi matin, Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement sur les ondes de RTL.


Air Cocaine : Les pilotes ne seront pas extradés… par 20Minutes

Pourtant, un accord d’extradition a bien été signé, le 7 mars 2000, entre les deux pays. Il prévoit naturellement que la France livre l’auteur d’une infraction à la République dominicaine afin qu’il puisse exécuter sa peine. Un principe écrit noir sur blanc qui se heurte toutefois à une réalité diplomatique plus complexe. « Tout ça est très très politique… », indique ainsi Sergio Coronado, député (EELV) des Français de l’étranger pour la zone Caraïbes. Autrement dit : les autorités françaises peuvent toujours déroger à cet accord.

Source : France Diplomatie

Un mandat d’arrêt international

Pas de quoi satisfaire les autorités dominicaines. Mardi soir, quelques heures après la révélation des conditions dans lesquelles les deux pilotes se sont évadés, elles ont fait savoir qu’elles souhaitaient le retour des deux hommes sur leur sol. « Nous nous préparons à lancer un mandat d’arrêt international contre les pilotes impliqués », indiquait ainsi le procureur général Francisco Dominguez Brito, dans un communiqué. Afin que « les pilotes assument leur responsabilité ».

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Condamnés à 20 ans de prison sur l’île des Caraïbes, les deux pilotes avaient été laissés libres avec interdiction de quitter le territoire dominicain dans l’attente de leur procès en appel. « Nous avons fui une justice inique et scandaleuse », a simplement justifié Pascal Fauret, l’un des deux pilotes.

Des conséquences sur les relations commerciales ?

Dans le même temps, les deux pilotes ont exprimé leur souhait de se présenter devant la justice française pour s’expliquer sur les faits qu’on leur reproche. C’est, du reste, l’argument qu’a mis en avant, ce mercredi, Stéphane Le Foll pour justifier sa décision de ne pas permettre l’extradition des deux hommes. Une procédure judiciaire étant ouverte à Marseille (Bouches-du-Rhône), la France pourrait indiquer à son homologue dominicain qu’elle s’occupe de juger, elle-même, les deux hommes et de leur faire purger une peine en France s’ils venaient à être condamnés.

Reste que cette affaire pourrait laisser des traces dans les relations diplomatiques entre les deux pays. Certes, la République dominicaine est notre 82ème fournisseur mondial et ne représente que 0,02 % des importations. Mais la France est le sixième investisseur étranger dans cette petite île des Caraïbes dans laquelle elle envoie chaque année 350.000 touristes selon un rapport du Sénat.