Air Cocaïne: Faut-il parler d’évasion ou d’exfiltration de Pascal Fauret et Bruno Odos?

LEXIQUE Les deux pilotes étaient sous contrôle judiciaire en République dominicaine dans l’attente de leur procès en appel…

Vincent Vantighem

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Bruno Odos et Pascal Fauret, en République dominicaine le 17 juin 2014.
Bruno Odos et Pascal Fauret, en République dominicaine le 17 juin 2014. — Ezequiel Abiu Lopez/AP/SIPA

« Evasion ? Fuite ? Appelez ça comme vous voulez. Le plus important est qu’ils soient en France aujourd’hui… » En avocat célèbre, Eric Dupont-Moretti est du genre à se soucier de l’importance des mots. Mais défendant Pascal Fauret et Bruno Odos, « Acquitator » n’a pas voulu se lancer dans un débat sémantique autour du départ des deux hommes de la République dominicaine pour la France ce week-end.

Justice : Et maintenant, que va-t-il se passer pour eux ?

Depuis lundi soir, Jean Reinhart, son confrère, évite avec un soin prodigieux de parler d’évasion histoire de ne pas laisser croire que ses clients sont des hors-la-loi. « Techniquement, on parle d’évasion judiciaire quand les personnes sont détenues dans une prison », assure à 20 Minutes, Laurence Blisson, secrétaire générale du Syndicat de la magistrature (classé à gauche).

Ils ont violé leur contrôle judiciaire

Condamnés à 20 ans de prison en République dominicaine, les deux hommes avaient été laissés libres sous contrôle judiciaire dans l’attente de leur procès en appel. Les autorités leur avaient confisqué leur passeport pour éviter qu’ils ne quittent le territoire. Ils n’étaient donc pas détenus au sens strict du terme.

Air Cocaïne : Le scénario de leur évasion se dessine

« Si l’on se réfère au droit français, on dirait qu’ils ont violé les conditions de leur contrôle judiciaire, explicite Laurence Blisson. Dans ce genre de cas de figure, le juge peut délivrer un mandat d’arrêt et réclamer ensuite le placement en détention de la personne qui a violé son contrôle judiciaire, histoire qu’il ne s’en aille pas à nouveau. »

Fuite plutôt qu’exfiltration

Difficile donc de parler d’évasion. Difficile aussi de parler d’exfiltration. Il s’agit plus d’un terme politique et diplomatique utilisé notamment dans le sauvetage d’otages. Si les premiers éléments de l’enquête laissent à croire que d’anciens agents de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) ont participé à l’opération, Eric Dupont-Moretti a bien parlé « d’initiatives personnelles », confirmant que les autorités françaises n’étaient pas au courant de ce départ.

Ce qu’il faut retenir de la conférence de Pascal Fauret

Reste le terme de fuite. A ce sujet, Pascal Fauret, l’un des deux pilotes a donné des éléments contradictoires. Il a assuré qu’il ne pouvait plus rester dans un « pays à la justice inique et scandaleuse » tout en précisant qu’il était prêt désormais « à s’exprimer devant la justice française ». Une fuite alors ? Oui mais dans la bonne direction, il espère.