Air Cocaïne: Et maintenant, que va-t-il se passer pour les deux pilotes qui sont rentrés en France?

JUSTICE Leurs avocats ont déjà pris contact avec la juge qui enquête sur l’affaire à Marseille (Bouches-du-Rhône)…

Vincent Vantighem

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Saint-Domingue (République dominicaine), le 8 mai 2014. Pascal Fauret et Bruno Odos se rendent à une audience au tribunal.
Saint-Domingue (République dominicaine), le 8 mai 2014. Pascal Fauret et Bruno Odos se rendent à une audience au tribunal. — ERIKA SANTELICES / AFP

Une galère s’achève. Une autre débute. Assumant avoir fui la République dominicaine après avoir été condamné de façon « inique et scandaleuse » à 20 ans de prison dans l’affaire dite « Air Cocaïne », Pascal Fauret, l’un des deux pilotes français, a assuré, ce mardi, qu’il était rentré dans l’Hexagone, avec son collègue Bruno Odos, pour pouvoir « s’exprimer » devant la justice française. 20 Minutes fait le point sur ce qui attend désormais les deux Français.

En live : Suivez tous les rebondissements de cette affaire en direct

  • Peuvent-ils être poursuivis pour leur évasion ?

Départ ? Fuite ? Evasion ? « Appelez ça comme vous voulez, ils ont bien fait de partir de République dominicaine », a assuré, ce mardi, Eric Dupont-Moretti, l’un des avocats des deux pilotes. D’ailleurs, celui que les médias surnomment « Acquitator » estime que cela ne constitue par une infraction en France. Pour justifier cela, il cite Victor Hugo : « Si l’on m’accuse de voler les tours de Notre-Dame, je commencerais par m’enfuir. »

Paris, le 27 octobre 2015. L’avocat Eric Dupont-Moretti. - BERTRAND GUAY/AFP


Condamnés à 20 ans de prison en République dominicaine dans l’attente de leur procès en appel, les deux hommes ont, à l’aide de faux papiers, violé le contrôle judiciaire qui les empêchait de quitter le territoire dominicain et rendant le Quai d’Orsay « très très emmerdé ». « Il existe un accord d’extradition entre les deux pays », assure, de son côté, Sergio Coronado, député (EELV) des Français de l’étranger pour la zone Caraïbes. De fait, les autorités de l’île ont annoncé, mardi, lancer un mandat d’arrêt international à l’encontre des deux pilotes en fuite.

  • La justice française va-t-elle leur réclamer des comptes ?

Ils n’attendent que cela. « Nous avons signifié à la justice qu’il suffisait de leur donner une date de convocation pour qu’ils répondent aux questions », assure encore Eric Dupont-Moretti. En marge de l’enquête dominicaine, la justice française a ouvert, dès mars 2013, une information judiciaire pour « importation de stupéfiants » et « association de malfaiteurs ». Conduite à Marseille (Bouches-du-Rhône) par la juge Christine Saunier-Ruellan, l’enquête a déjà abouti à la mise en examen de dix personnes dont les deux pilotes.

Eclairage : Ce qu’il faut retenir de la conférence de presse du pilote

« La juge s’est rendue en République dominicaine pour entendre les deux pilotes. Mais ils ont refusé de répondre à ses questions car le procureur dominicain était présent lors de cet entretien, poursuit Eric Dupont-Moretti. Désormais, on est impatient de s’exprimer. » Pascal Fauret confirme : « Je suis rentré pour terminer cette affaire qui a pris toute ma vie. Je suis prêt pour un nouveau procès. »

  • Qu’en est-il des deux autres Français condamnés qui sont toujours en République dominicaine ?

« On n’était pas mariés ! » Voilà comment Pascal Fauret justifie le fait d’avoir pris la poudre d’escampette sans avertir les deux autres Français impliqués dans l’affaire « Air Cocaïne ». Condamnés, eux aussi, à 20 ans de prison, Alain Castany et Nicolas Pisapia attendent le procès en appel qui doit se tenir prochainement à Saint-Domingue. Laissé libre dans cette attente, le premier a été victime d’un accident de la circulation il y a dix jours et son état de santé est préoccupant. Quant au second, il craint de subir les foudres de la justice dominicaine après la fuite des deux pilotes français. « Il est à craindre que la justice dominicaine fasse œuvre de vengeance juridique », témoigne à 20 Minutes, Julien Pinelli, son avocat.

Nicolas Pisapia (d), à Saint-Domingue en République Dominicaine, le 15 août 2015 - ERIKA SANTELICES AFP


En commençant par les remettre en prison en raison des risques de fuite ? Pascal Fauret ne l’espère pas. « Là-bas, on m’a rasé la tête. On m’a jeté dans un cachot avec la lie de la société dominicaine. Je vous laisse imaginer… »