Air Cocaïne: Que retenir de la conférence de presse du pilote Pascal Fauret?

FAITS DIVERS Mardi 27 octobre, à 14h, le pilote Pascal Fauret a tenu une conférence de presse avec ses avocats…

C.C.M
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Les pilotes de l'affaire «Air Cocaïne» en 2014.
Les pilotes de l'affaire «Air Cocaïne» en 2014. — Ezequiel Abiu Lopez/AP/SIPA

C’est dans une atmosphère agitée que s’est tenue ce mardi la conférence de presse de Pascal Fauret, l’un des deux pilotes évadés de République Dominicaine, en présence de ses avocats Eric Dupont-Moretti et Jean Reynhart. Il faut dire que les journalistes présents attendaient des réponses sur la rocambolesque affaire de leur évasion… 20 Minutes revient sur les temps forts de cette entrevue.

Les pilotes « à disposition de la justice »

Les avocats de Pascal Fauret l’ont répété à maintes reprises durant la conférence : lui et son confrère Bruno Odos se tiennent à la disposition de la justice française et attendent la convocation de la juge d’instruction de Marseille, en charge de l’affaire.

Eric Dupont-Moretti s’est félicité de la présence de son client sur le sol français, indiquant que la condamnation de la justice dominicaine n’était « pas équitable ». Il a également pointé du doigt des dysfonctionnements dans l’enquête et la procédure judiciaire.

L’évasion, une initiative « personnelle »

Dès le début de la conférence, Eric Dupont-Moretti a spécifié que les modalités de l’évasion des deux pilotes ne seraient pas évoquées. Il a toutefois évoqué le fait qu’elle avait reposé sur des « initiatives personnelles » et réfuté l’idée qu’elle serait liée à « des barbouzards » mandatés par la France, incitant à ce qu’on sorte de tout « fantasme ». Il a enfin précisé que cette fuite ne représentait « absolument pas une infraction en France ».

L’évasion : une idée qui a germé dans l’esprit de Pascal Fauret « après le verdict du 15 août ». « A partir du moment où on a affaire à une justice qui ne fait pas d’enquête, qui ne vous écoute pas, qui vous condamne à 20 ans pour la seule raison qu’on est Français et pas fils de bon chrétien (…) mon réflexe c’est de rentrer dans mon pays, où je pourrai m’exprimer devant la justice », a-t-il expliqué.

Saint-Domingue (République dominicaine), le 05 juin 2015. Bruno Odos (gauche) et Pascal Fauret comparaissent au tribunal dans l’affaire dite « Air Cocaïne ». - ERIKA SANTELICES/AFP

Deux autres Français toujours prisonniers

Interrogé sur les conséquences de leur évasion sur les deux autres Français toujours retenus à Saint-Domingue, Pascal Faure a répondu que « n’affect [ait] en rien la conduite des deux autres ». « Depuis le départ, a-t-il ajouté, on a été noyé dans la dénomination "les quatre Français", mais ce n’était pas un vol de copains. J’ai été là dans le cadre de mon travail. A un moment donné, j’ai géré ma vie à moi. »

Eric Dupond-Moretti a quant à lui demandé que cesse « le procès » fait aux deux pilotes, accusé selon lui « d’une absence de solidarité ». « N’ajoutez pas de la culpabilité à une situation qui était déjà humainement très difficile », a-t-il poursuivi, expliquant que les deux hommes avaient bien fait de s’évader.

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Pascal Fauret, un homme marqué

Le pilote est revenu sur des conditions de détention pénible, expliquant qu’on lui avait rasé la tête et qu’il avait été enfermé dans un cachot pendant 15 jours, puis mis en prison « avec la lie de l’humanité dominicaine ».

Des propos forts, qu’il a complétés en affirmant que cette affaire lui avait « pris toute sa vie ». Il aspire aujourd’hui à ce qu’elle soit conclue, espérant reprendre le cours de la vie « normale » qu’il avait « avant que cette catastrophe me tombe sur la tête ». « Il y a des épreuves à venir », a-t-il reconnu, ajoutant « Je sais que ça va être long ».