«Air Cocaïne»: «Les deux autres Français ne comptaient pas sur la solidarité des pilotes»

INTERVIEW Le député EELV des Français de l'étranger Sergio Coronado a suivi le dossier depuis le début...

Propos recueillis par Laure Cometti

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Les pilotes Bruno Odos et Pascal Fauret, le 17 juin 2014 dans un tribunal à Saint-Domingue (République dominicaine).
Les pilotes Bruno Odos et Pascal Fauret, le 17 juin 2014 dans un tribunal à Saint-Domingue (République dominicaine). — Ezequiel Abiu Lopez/AP/SIPA

Coup de théâtre dans l’affaire dite « Air Cocaïne ». Les pilotes Pascal Fauret et Bruno Odos ont fui la République dominicaine pour rentrer en France. Condamnés en août dernier à 20 ans de prison pour trafic de cocaïne avec deux autres Français, ils avaient fait appel de cette décision. Ne restent désormais à Saint-Domingue que Nicolas Pisapia et Alain Castany, libres de leurs mouvements mais interdits de quitter le territoire.

Le député EELV des Français de l’étranger d’Amérique latine et des Caraïbes Sergio Coronado, qui a rencontré les quatre hommes à plusieurs reprises depuis le début de l’affaire en 2013, a exprimé son inquiétude quant à la situation d’Alain Castany et Nicolas Pisapia. 20 Minutes l’a interviewé.

 

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Quels contacts avez-vous eus avec les quatre Français ?

J’avais vu à plusieurs reprises les deux pilotes ainsi que Nicolas Pisapia et Alain Castany, en prison, pendant les audiences, et dans un hôtel de Saint-Domingue. Les pilotes m’avaient semblé plus abattus, plus fragiles - ils ne s’en cachaient pas d’ailleurs -, que Nicolas Pisapia et Alain Castany. Ils étaient très fatigués, épuisés psychologiquement par une affaire dont ils ne voyaient pas le bout du tunnel. Nicolas Pisapia et Alain Castany se débrouillent un peu en espagnol, mais pas les pilotes.

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Quelles nouvelles avez-vous de Nicolas Pisapia et Alain Castany depuis la fuite des deux pilotes ?

Nicolas Pisapia, qui par ailleurs est dans une situation familiale compliquée, au sujet de la garde de son fils, est à Punta Cana. J’ai pu échanger avec lui via WhatsApp dès hier. Alain Castany est actuellement hospitalisé dans une clinique à Saint-Domingue. Il est soigné par le Docteur Domino, que je connais, et qui a fait un rapport très clair sur son état de santé. Monsieur Castany a une plaie ouverte à la jambe gauche, il risque l’amputation. À son âge, c’est compliqué. En outre, étant donné que le système de santé dominicain est dérégulé, le prix des soins peut se chiffrer en milliers d’euros.

Comment les deux hommes ont-ils réagi à la fuite des pilotes ?

Ils n’étaient pas proches des pilotes, ils n’étaient pas amis, d’ailleurs ils se sont parfois rejeté certaines responsabilités au cours des procédures. Ils se sentent désormais plus exposés, mais de toute façon ils ne comptaient pas sur la solidarité des pilotes. Disons qu’ils étaient surpris, mais pas étonnés.

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Quelles sont les prochaines étapes dans votre agenda de député concernant cette affaire ?

Je vais joindre dans la journée le quai d’Orsay, avec lequel je n’ai eu pour le moment que quelques échanges informels. Et je me rendrai les 7 et 8 novembre prochains à Saint-Domingue.