Touchers vaginaux et rectaux: «Inacceptables» sans consentement, juge Touraine

SANTE La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a condamné ces pratiques qui exposent les médecins à des poursuites...

20 Minutes avec AFP

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Nouvel hopital de psychiatrie du CHU de Purpan. Toulouse, FRANCE-7/10/13
Nouvel hopital de psychiatrie du CHU de Purpan. Toulouse, FRANCE-7/10/13 — Fred.Scheiber

Une pratique d'un autre âge. La ministre de la santé Marisol Touraine a dénoncé ce mardi avec une « extrême fermeté » les touchers vaginaux et rectaux sans consentement pratiqués sur des patient(e)s endormi(e)s à l’hôpital à des fins pédagogiques, qualifiant ces pratiques « d’inacceptables ».

« L’Etat sera d’une extrême fermeté face à ces pratiques inacceptables, qui portent atteinte à l’intégrité du corps humain et aux droits fondamentaux des patients » indique la ministre dans un communiqué.

Enquête remise à la ministre

La prise de position de la ministre intervient alors qu’une polémique agite le web et les réseaux sociaux depuis plusieurs mois sur cette question. En février, une cinquantaine de médecins, journalistes et féministes avaient publié une tribune contre des pratiques « faisant fi » du consentement des malades et appelant les pouvoirs publics à réagir.

Les signataires faisaient état de témoignages affirmant que des examens gynécologiques et rectaux étaient pratiqués sans consentement par des étudiants en médecine sur des patients sous anesthésie générale.

Ils assuraient également que « bon nombre de professionnels de la santé et d’internes » justifiaient ces pratiques, expliquant qu’ils devaient « apprendre leur métier », et qu’il était « préférable » que la patiente « ne se souvienne pas que plusieurs inconnus sont passés la “voir” ».

Une enquête remise mardi à la ministre par la Conférence des doyens des facultés de médecine, révèle que lorsque les examens pelviens et rectaux sont réalisés chez des personnes sous anesthésie générale, le consentement préalable du patient n’est recueilli que dans 67 % des cas pour les étudiants du diplôme de formation générale en sciences médicales.

Des centres de simulation

Pour les étudiants du diplôme de formation approfondie, le consentement préalable du patient est recueilli dans 80 % des cas. Dans son communiqué, la ministre de la santé juge ces résultats « très préoccupants », rappelant que les actes réalisés sans consentement sont illégaux et qu’ils exposent à des poursuites.

Pour mettre un terme rapidement à ces pratiques, la ministre a décidé de lancer une mission d’inspection au sein des établissements de santé, d’envoyer une instruction aux directeurs des établissements de santé pour leur rappeler leurs obligations légales, notamment en matière de droits des patients et de développer l’apprentissage par simulation.

L’objectif est, selon la ministre, d’équiper tous les centres hospitaliers universitaires (CHU) d’un centre de simulation en santé d’ici à 2017.