«Air cocaïne»: Que va-t-il se passer pour les deux Français restés en République dominicaine?

JUSTICE Les deux pilotes sont rentrés en France mais Nicolas Pisapia et Alain Castany, également condamnés à 20 ans de prison, sont toujours en République dominicaine dans l'attente de leur procès en appel...

L.C.
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A gauche : Nicolas Pisapia, le 13 août 2015 à Saint Domingue. A droite : Alain Castany, le 9 mars 2015, à Saint Domingue.
A gauche : Nicolas Pisapia, le 13 août 2015 à Saint Domingue. A droite : Alain Castany, le 9 mars 2015, à Saint Domingue. — ERIKA SANTELICES / AFP

Si le retour en France des deux pilotes français fait grand bruit, deux autres Français également condamnés dans l’affaire dite « Air Cocaïne » sont toujours en République Dominicaine. Et leur sort semble encore plus incertain après la fuite de Pascal Fauret et Bruno Odos.



Qui sont ces deux hommes ?

Comme les pilotes Pascal Fauret et Bruno Odos, Nicolas Pisapia, 38 ans, et Alain Castany, 69 ans, ont été condamnés le 14 août dernier à 20 ans de prison par le tribunal de Saint-Domingue. Le premier était le seul passager à bord du Falcon privé dans lequel la police dominicaine a retrouvé 680 kg de cocaïne, le 20 mars 2013, à l’aéroport de Punta Cana.

Le second est un apporteur d’affaires originaire de Perpignan, chargé de mettre en contact les clients avec la société de vols privés SN-THS. Alain Castany se trouvait également à bord de l’avion lors de la descente de police.

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Quelle est leur situation actuelle ?

Les quatre Français condamnés ont été laissés libres de leurs mouvements, sous contrôle judiciaire et avec interdiction de quitter le territoire, dans l’attente de leur jugement par la cour d’appel. La requête pour l'appel a été déposée il y a dix jours, précise l'avocat de Nicolas Pisapia à 20 Minutes. La date de l'audience n'est pas encore connue.

Dans un communiqué, l’avocat d’Alain Castany précise que son client souffre « de graves blessures après avoir été fauché par une moto ». Les soins requis par son état critique ne peuvent être administrés par des hôpitaux locaux et une demande de rapatriement a été faite. Sans cela, il risque d’être amputé, a précisé l’avocat au Point.

Maître Jean Reinhart, l’avocat des pilotes, a indiqué lundi sur France Info que « le ministère des Affaires étrangères fait des démarches extrêmement actives pour qu’il puisse être sauvé et être rapatrié ».

La fuite des deux pilotes les met-elle en danger ?

C’est ce que craignent leurs avocats et leurs proches. « La fuite de Bruno Odos et de Pascal Fauret ne peut que peser de manière négative sur une demande de rapatriement pourtant prescrite par les médecins », déplore l’avocat d’Alain Castany. « Ce départ précipité, fait planer sur Alain Castany la menace d’un nouveau placement en détention provisoire ou, à tout le moins, d’un durcissement des mesures coercitives le visant […] De la part des deux pilotes, imbus de leur statut, laisser un membre d’équipage dont on a la responsabilité s’apparente à un abandon pur et simple voire une mise en danger », s’emporte l’avocat dans un communiqué.

Même inquiétude du côté de la défense de Nicolas Pisapia. « L’exfiltration des deux pilotes risque d’avoir de graves conséquences pour Nicolas Pisapia », abonde son avocat Julien Pinelli qui redoute que « les autorités dominicaines décident de l’incarcérer à nouveau afin de prévenir tout risque de fuite ». Il demande « le soutien des autorités diplomatiques » pour « empêcher une telle situation ».

Son père, Claude Pisapia, a aussi fait part de ses craintes. « Je viens d’avoir notre fils sur Skype, il est catastrophé par cette situation, ça va lui nuire plus que tout ce qui s’est passé jusqu’à maintenant », a-t-il déclaré à l’AFP. Sur BFMTV, il confie : « On a peur que la justice dominicaine leur fasse porter le chapeau en les condamnant plus lourdement ».

Le député EELV des Français de l’étranger (Amérique Latine et Caraïbes) Sergio Coronado a exprimé son inquiétude sur BFMTV, craignant que la fuite des pilotes pèse défavorablement sur la demande de rapatriement d’Alain Castany.

La souffrance, le désespoir et l’injustice conduisent à faire des erreurs parfois #AirCocaine
— sergio coronado (@sergiocoronado) October 26, 2015