«Air Cocaïne»: Les deux pilotes français condamnés en République dominicaine se sont enfuis

JUSTICE Selon leur avocat, ils sont rentrés en France pour «chercher la justice»...

P.B. avec AFP

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Saint-Domingue (République dominicaine), le 5 juin 2015. Bruno Odos (gauche) et Pascal Fauret comparaissent au tribunal dans l'affaire dite «Air Cocaïne».
Saint-Domingue (République dominicaine), le 5 juin 2015. Bruno Odos (gauche) et Pascal Fauret comparaissent au tribunal dans l'affaire dite «Air Cocaïne». — ERIKA SANTELICES / AFP

Les pilotes se font la malle. Condamnés à 20 ans de prison pour trafic de stupéfiants en août dernier, Pascal Fauret et Bruno Odos se sont enfuis de République dominicaine et se trouvent en France depuis samedi.

« Ils sont en France non pas pour fuir la justice mais pour chercher la justice. Ils ne se sont pas évadés car ils n’étaient pas en prison », a affirmé à l’AFP Me Jean Reinhart. Laissés en liberté dans l’attente de l’examen de leur appel, les condamnés avaient toutefois interdiction de quitter la République dominicaine.

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680 kilos de cocaïne dans un jet privé

L’affaire remonte à la nuit du 19 au 20 mars 2013, quand la police dominicaine, renseignée notamment par les Etats-Unis, a intercepté sur le tarmac de l’aéroport de Punta Cana un Falcon 50 avec 26 valises contenant 680 kg de cocaïne à son bord.

Au cœur de l’affaire « Air Cocaïne » se trouvent quatre Français : deux anciens de l’armée de l’air, les pilotes Pascal Fauret et Bruno Odos, le passager Nicolas Pisapia et l’apporteur d’affaires Alain Castany. Ils ont écopé de la peine la plus lourde, tandis que six des dix Dominicains impliqués ont été acquittés et quatre autres condamnés à des peines allant de cinq à dix ans de prison.

A l’époque, les proches des pilotes avaient dénoncé « une parodie de justice », expliquant que contrôler le contenu des bagages était interdit par la réglementation. « Ils ont quitté le territoire d’un pays dont la justice n’existe pas. Ils ne cherchent pas à fuir la justice, d’ailleurs la première chose qui a été faite à leur retour a été d’écrire à la juge d’instruction » en charge du dossier en France « pour le lui signaler », a insisté Me Reinhart.

Deux autres Français toujours sur l’île

Le père de Nicolas Pisapia, resté lui en République dominicaine où il est selon lui « assigné à résidence » en attendant le procès en appel, a exprimé ses craintes après le retour en France des deux pilotes. « Je viens d’avoir notre fils sur Skype, il est catastrophé par cette situation, ça va lui nuire plus que tout ce qui s’est passé jusqu’à maintenant », a dit à l’AFP Claude Pisapia.

« L’exfiltration des deux pilotes risque d’avoir de graves conséquences pour Nicolas Pisapia », a renchéri son avocat Julien Pinelli, redoutant que « les autorités dominicaines décident de l’incarcérer à nouveau afin de prévenir tout risque de fuite ».