Santé: 38 % des Français renoncent aux soins dentaires faute d'argent

SANTE 60 % des patients renoncent à se faire soigner s’ils doivent payer plus de 1.000 euros…

20 Minutes avec agence

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Illustration d'une consultation chez le dentiste.
Illustration d'une consultation chez le dentiste. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Si la phobie du dentiste en freine plus d’un, c’est bien la facture qui reste la plus dissuasive pour les Français : 38 % ont déjà renoncé à se faire soigner faute de moyens selon une étude menée sur 500 devis envoyés par des adhérents de la société Santéclair.

Un renoncement proportionnel au montant de la facture

Dans le détail, 200 devis sur 500 affichaient un reste à charge de plus de 1.000 euros, 197 un reste à charge de 250 à 1.000 euros et 103 un reste à charge de moins de 250 euros. Au total, seuls 203 assurés (40 %) ont effectué le traitement dans sa totalité.

« Dès que le reste à charge, c’est-à-dire la somme à payer au bout du compte par le patient, dépasse 1.000 euros, le renoncement grimpe à 60 %, démontrant un lien entre coût et abandon », explique Marianne Binst, directrice de Santéclair citée par Le Parisien. Si le reste à la charge du patient dépasse les 2.000 euros, seuls 20 % des patients décident de se faire soigner.

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Les professionnels mettent en cause la politique de la Sécurité sociale

Selon Catherine Mojaïski, présidente de la Confédération nationale des syndicats dentaires (CNSD), les dentistes ne doivent pas être pointés du doigt: « Je ne suis pas surprise par ces résultats car les bases de remboursement de la Sécurité sociale n’ont pas augmenté depuis vingt-sept ans, explique-t-elle au quotidien. Les tarifs des soins conservateurs (traitement des caries, détartrages…) sont gelés, contrairement aux prothèses où nous pouvons faire des dépassements d’honoraires pour faire face aux charges. Je note que le reste à charge, 2,2 milliards en dentaire, n’a pas bougé depuis 1991 ».