Jeune fille agressée en maillot de bain : Le procès va se tenir ce lundi

JUSTICE Le 22 juillet, cinq jeunes filles auraient agressé une femme de 21 ans qui bronzait en maillot de bain dans le parc Léo Lagrange de Reims…

Vincent Vantighem

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Le Parc Léo Lagrange de Reims.
Le Parc Léo Lagrange de Reims. — Vincent Vantighem/ 20 Minutes

De notre envoyé spécial à Reims (Marne),

« Aussi, soit disant, nous sommes de la police islamique ? Non mais allo ! Faut tout simplement arrêter de raconter de la merde… » C’est sur son compte Facebook qu’une des jeunes filles accusées de « violences volontaires en réunion » a jusqu’ici tenté de rétablir la vérité. Ce lundi après-midi, elle devrait avoir l’occasion de le faire devant le tribunal correctionnel de Reims (Marne) dans une affaire qui ressemble plus à un emballement médiatique qu’à une agression sur fond de motif religieux.

Tout a commencé par une brève publiée le samedi 22 juillet dans les colonnes de L’Union. « Une Rémoise de 21 ans (…) bronzait en maillot de bain, mercredi, au parc Léo Lagrange. C’est alors qu’un groupe de cinq jeunes filles passe à proximité. L’une d’elle se détache du groupe. Voir cette femme qui bronze (…) semble contraire à sa morale et à sa conception des bonnes mœurs… », peut-on alors y lire.

Les politiques s’emparent des faits

L’agression est violente. Les coups pleuvent de part et d’autre. Et l’histoire fait le tour des médias nationaux – y compris 20 Minutes – en mal d’actualité en ce mois de juillet. Les politiques s’en emparent en moins de temps qu’il n’en faut pour enfiler un bonnet de bain.

Arnaud Robinet, le maire (LR) de Reims dénonce une « agression intolérable sur notre territoire ». Florian Philippot, vice-président du FN, assure, que la jeune femme a été « lynchée car vivant à la française ! » Et même Gilles Clavreul, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, appelle à des « sanctions exemplaires », évoquant « la liberté vestimentaire » de tout un chacun.

Le parquet de Reims rétablit la vérité

Sauf que, le dimanche 23 juillet, le parquet de Reims rétablit la vérité. Evoquant les auditions des jeunes filles mises en cause, Hélène Morton, la vice-procureure, précise que « ni la victime, ni les auteures des coups n’ont fait état d’un mobile religieux ou d’un mobile moral qui aurait déclenché l’altercation. »

Au même moment, réunis sur Twitter par la magie du mot-dièse #JePorteMonMaillotAuParcLéo, une poignée de manifestants prennent la pose en slip de bain dans le parc Léo Lagrange sous l’œil amusé de journalistes plus nombreux qu’eux.

 

Le tribunal de grande Instance de Reims, le 26 octobre 2015 - Vincent Vantighem/20 Minutes

A l’origine, une remarque sur le physique ?

Les faits seraient en fait beaucoup plus simples que ne le prétend l’enchaînement politico-médiatique. Tout serait parti d’une remarque aussi maladroite que jalouse sur le fait de bronzer en maillot de bain dans un parc public. Et surtout de la réponse de la jeune fille agressée sur le « physique de déménageur » de sa contradictrice l’empêchant, quant à elle, « de se mettre en maillot de bain ».

Il devrait donc plus être question de jalousie puérile que d’intégrisme religieux, ce lundi après-midi, devant le TGI de Reims. Sur les cinq jeunes filles mises en cause, seules les trois majeures sont renvoyées pour « violences volontaires en réunion ». Sur Facebook, l’une d’entre elles a d’ailleurs demandé à « toutes les personnes présentes ce jour-là au Parc-Léo » de se manifester pour rétablir la vérité d’une « histoire qui peut aller très loin ». Le jugement devrait être mis en délibéré.