Barrage de Sivens: Un an après la mort de Rémi Fraisse, des centaines de personnes lui rendent hommage

BARRAGE DE SIVENS Le jeune écologiste de 21 ans est mort dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014, tué par une grenade offensive lors d’affrontements entre les gendarmes et les zadistes…

20 Minutes avec AFP

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Des centaines de personnes ont rendu hommage à Rémi Fraisse, mort il y a un an, sur le site du barrage de Sivens, le 25 octobre 2015.
Des centaines de personnes ont rendu hommage à Rémi Fraisse, mort il y a un an, sur le site du barrage de Sivens, le 25 octobre 2015. — REMY GABALDA / AFP

Il y a exactement un an que Rémi Fraisse est mort sur le site du barrage controversé de Sivens (Tarn), tué par une grenade offensive, arme que sa famille appelle à faire interdire. Des centaines de personnes ont rendu hommage ce dimanche au jeune écologiste de 21 ans.

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Un rassemblement apaisé et encadré sur le site du barrage

Une manifestation prévue sur le lieu même du décès du jeune homme avait été interdite par la mairie de L’Isle-sur-Tarn, dont dépend Sivens. Mais un noyau de militants, dont Véronique, sa mère, a voulu aller se recueillir à l’endroit où son fils était décédé dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014, victime d’une grenade offensive lancée par un gendarme durant des affrontements avec les zadistes.

Les militants, qui s’étaient donné rendez-vous sur un parking de Gaillac, à 20 km de là, se sont vus offrir la possibilité d’y aller, encadrés par les gendarmes : « Je vous propose d’y aller dans les meilleures conditions de sécurité », leur a dit Laurent Gandra-Moreno, le secrétaire général de la préfecture. En dépit de l’interdiction de la manifestation, « nous ne l’empêcherons pas », a-t-il ajouté face aux militants d’abord hostiles.

Environ 400 personnes présentes

Les militants écologistes sont ensuite partis en convoi, mené par des véhicules de gendarmes et deux motards, jusqu’à la maison de la Forêt de Sivens, puis ont parcouru à pied, dans un grand silence recueilli, quelques centaines de mètres jusqu’à l’immense sculpture de deux mètres érigée en début de semaine sur le lieu, représentant une main tenant un globe de métal. Un hélicoptère tournoyait au-dessus des quelque 400 personnes présentes.

Une immense sculpture de deux mètres a été érigée en début de semaine sur le lieu, représentant une main tenant un globe de métal. - REMY GABALDA / AFP

 

La mère de Rémi Fraisse a refusé de prendre la parole et de parler à la presse. « Il était très important d’être ici. C’est ici qu’il est mort, c’est aussi le moment pour rappeler cette lutte contre le barrage », a déclaré Laurent, la quarantaine, l’un des premiers zadistes de Sivens.

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L’hommage de son père à Plaisance du Touch

A Plaisance de Touch dans la banlieue toulousaine, là où Rémi a grandi, Jean-Pierre Fraisse a lu une sorte de poème dédié à son fils. « J’ai fait un rêve, Rémi. Plus jamais la France ne mutilera avec des grenades offensives », a-t-il commencé par dire devant notamment plusieurs élus et l’ex-ministre des Verts Cécile Duflot.

Quelques jours après la mort du jeune botaniste, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve avait annoncé l’interdiction d’utiliser cette arme « dans les opérations de maintien de l’ordre ». Enchaînant sur le combat de son fils, il a ensuite appelé à prendre soin de la Terre, représentée sur le monument, « cette planète que nous devons porter et sauver de tous les usurpateurs », a-t-il déclaré.

Un rassemblement à Paris

Dans la capitale, une soixantaine de personnes - militants écologistes, pacifistes et quelques élus - se sont rassemblées devant le Mur de la Paix, sur le Champ-de-Mars, autour de banderoles : « Rémi tué, c’est la jeunesse frappée au cœur » ou encore « Tous nos yeux forment une zone humide et nos cœurs une forêt sauvage ».

« Les grenades offensives qui sont aujourd’hui interdites auraient dû l’être depuis longtemps. Le combat de Rémi doit continuer, pour préserver la biodiversité, dans la non-violence », a lancé Jean-Philippe Redde, militant écologiste.