Saisie record de cannabis: Un sulfureux «indicateur» en cause?

ENQUETE Le service en charge de l'enquête a soudainement été désaisi au profit de la Brigade des stupéfiants...

M.P.

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Une partie des 7 tonnes de cannabis saisis par la douane, entreposés à la Direction des enquêtes douanières, à Ivry-sur-Seine le 18 octobre 2015
Une partie des 7 tonnes de cannabis saisis par la douane, entreposés à la Direction des enquêtes douanières, à Ivry-sur-Seine le 18 octobre 2015 — PIERRE CONSTANT AFP

Une semaine après, les circonstances de la saisie record de cannabis dans le 16e arrondissement de Paris restent toujours floues. Les zones d’ombre se sont même accentuées à en croire les dernières informations du Parisien. En effet, si ce sont les douaniers qui sont à l’origine de ce « coup » salué par François Hollande lui-même, c’étaient les enquêteurs de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis) qui ont été chargés de l’enquête pour remonter la filière.

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Sauf que selon le quotidien, trois jours plus tard l’Ocrtis a été dessaisie de manière inattendue par le parquet de Paris au profit de la brigade des stupéfiants. Le parquet aurait en effet appris que l’un des suspects principaux de cette affaire pouvait être en relation directe avec les hommes de l’Ocrtis.

En clair, l’homme identifié, originaire de Mulhouse, déjà condamné pour trafic de stupéfiant, connu comme un « ténor » du trafic de cannabis en France, pourrait être un « tonton », un indicateur des enquêteurs de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants, qui cette fois n’aurait pas joué son rôle. « Il n’était donc plus possible pour ce service de continuer à travailler sur ce dossier mettant en cause un de ses tontons présumés », explique au Parisien une source proche du dossier.

Un haut fonctionnaire interrogé par le quotidien affirme que les enquêteurs de l’Ocrtis « ne sont absolument pas en difficulté dans ce dossier » et ajoute : « Nous serons à l’aise pour nous expliquer le moment venu. Mais pour l’heure, ce n’est pas le moment. »