Accident en Gironde: Les propos de Noël Mamère déclenchent un tollé

FAITS DIVERS Le député a mis en cause Emmanuel Macron et sa loi sur la libéralisation du transport en autocar...

20 Minutes avec AFP

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Le député écologiste Noël Mamère à l'Assemblée nationale à Paris, le 21 novembre 2012
Le député écologiste Noël Mamère à l'Assemblée nationale à Paris, le 21 novembre 2012 — Miguel Medina AFP

Une levée de boucliers. De nombreux éditorialistes de la presse quotidienne dénoncent samedi matin les déclarations de Noël Mamère tenus vendredi après l'accident de Puisseguin (Gironde) qui a fait au moins 43 morts.

«Tout est allé très vite, c'était comme un éclair», témoigne un survivant

Sur RMC, le député écologiste a visé explicitement la loi Macron qui a permis la libéralisation du transport en autocar en déclarant notamment que «si on accepte la multiplication des circulations des transports par autocar sur des routes qui sont en mauvais état, on aura d'autres accidents, d'autres déconvenues et d'autres drames». «C'est Emmanuel Macron qui a décidé de libéraliser le transport par autocar», a-t-il insisté.

Dans la foulée, ses propos ont suscités de nombreuses réactions sur Twitter. 

Et ce matin, si plusieurs titres ont publié des éditoriaux compassionnels, de très nombreux autres, à l'instar d'Hervé Chabaud dans l'Union ont condamné des «propos odieux, inacceptables et irresponsables». «Lorsqu'on est un élu de la République et qu'un accident meurtrier d'une telle violence survient, on exprime d'abord sa compassion, on choisit les paroles et les gestes qui apaisent», écrit-il.

«Nul et non avenu»

«Nul et non avenu», remarque, tout aussi remonté, Christophe Bonnefoy dans le Journal de La Haute-Marne qui aurait aimé «que les bonnes âmes s'abstiennent de commencer à faire de cette épreuve l'occasion d'un petit jeu politique, tout à fait malvenu en l'occurrence».

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«Dans de telles circonstances, la compassion prime, il ne peut en être autrement. Alors, on se demande comment Noël Mamère a pu glisser honteusement sur le terrain politique», s'indigne Baptiste Laureau de Paris-Normandie qui s'étrangle : «l'indécence se mêle à la bêtise».

Dans Sud-Ouest, le quotidien de la région où s'est produit l'accident, Bruno Dive, sur un ton plus modéré, note que « S'il n'a pas tort sur toute la ligne, notamment en pointant le défaut d'aménagement de nombreuses routes départementales (...) l'élu écologiste a mal choisi son moment pour déclencher une polémique déplacée».

«Le pays était sous le choc de l'accident»

Pour Dominique Garraud de La Charente Libre - autre titre régional - le temps «du soutien doit aussi être le temps d'une décence que seul (...) Noël Mamère a cru bon de ne pas respecter en s'en prenant immédiatement à une politique gouvernementale qui favoriserait les autocars tout en négligeant l'entretien des routes».

«Un rapprochement pouvant apparaître comme déplacé, alors que le pays était sous le choc de l'accident», abonde Daniel Muraz dans Le Courrier Picard.

« Il faudra trois semaines pour effectuer le processus d’identification des victimes »

Le Républicain Lorrain (Xavier Brouet) constate que «Noël Mamère s'est attiré non sans raison une volée de bois vert» car ses déclarations ont été faites dans «une précipitation d'autant plus regrettable que l'écologiste réclame à juste titre un virage idéologique intégrant les alternatives au tout routier.»