Emeutes de 2005: Comment les banlieues se sont embrasées

BANLIEUES 10 ans après, rappel des faits sur la vague de violences urbaines la plus grave de l'histoire des banlieues françaises...

20 Minutes avec AFP

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Clichy-sous-Bois le 29 octobre 2005.
Clichy-sous-Bois le 29 octobre 2005. — TRAVERS ERIC/LE FLOCH PASCAL/SIP

A l’automne 2005, la mort de deux adolescents à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) avait déclenché la vague de violences urbaines la plus grave de l’histoire des banlieues françaises. Rappel des faits.

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L’étincelle

27 octobre 2015, Clichy-sous-Bois. Deux jeunes de 15 et 17 ans entrent dans un transformateur électrique pour échapper à des policiers qui les soupçonnaient d’avoir commis un vol sur un chantier en rentrant d’une partie de football. Ils meurent électrocutés.

Pour venger la mort de Bouna et Zyed, des dizaines de jeunes de leur quartier s’en prennent aux pompiers, aux policiers et à des bâtiments publics. Vingt-trois voitures sont incendiées.

Les nuits suivantes, les émeutes se poursuivent à Clichy et gagnent Montfermeil.

Le 30 octobre, la tension monte d’un cran après que les gaz d’une grenade lacrymogène tirée par la police pénètrent dans une mosquée de Clichy-sous-Bois.

Le Premier ministre, Dominique de Villepin, reçoit les familles des deux jeunes le 1er novembre.

L’embrasement

Début novembre, les violences s’étendent à quatre départements de la banlieue parisienne. Des centaines de véhicules sont brûlés chaque nuit.

Dans la nuit du 2 au 3, une handicapée de 56 ans est grièvement brûlée dans l’incendie d’un autobus, à Sevran (Seine-Saint-Denis).

Le pic des violences est atteint dans la nuit du 6 au 7 novembre, avec 274 communes touchées. Lille, Lyon, Toulouse, Marseille : les banlieues de toutes les grandes villes sont concernées.

Jusqu’à 11.700 policiers et gendarmes sont mobilisés. Certains essuient des tirs d’armes à feu à balles réelles et à grenailles, notamment dans la nuit du 6 novembre, où deux policiers sont blessés à Grigny (Essonne).

Un couvre-feu est décrété par le gouvernement le 7, sans effet sur les violences. Un homme de 61 ans meurt à la Stains (Seine-Saint-Denis) après une agression.

L’état d’urgence est décrété le 9 novembre.

Le 10, huit policiers de Seine-Saint-Denis sont suspendus pour « coups illégitimes » portés à un jeune, trois jours plus tôt à la Courneuve (Seine-Saint-Denis).

Le 12, les émeutes touchent le centre d’une grande ville, Lyon.

Pour calmer les esprits, le président Jacques Chirac annonce deux jours plus tard la création d’un service civil à destination de 50.000 jeunes.

L’Assemblée nationale décide le 15 novembre de proroger l’état d’urgence pour trois mois.

L’épilogue

Près de trois semaines après le début des émeutes, la police fait état le 17 novembre d’un « retour à la normale partout en France ».

Bilan : plus de 10.000 véhicules brûlés, 300 bâtiments détruits ou dégradés, 6.000 interpellations et 1.300 personnes écrouées.

En mai 2015, près de dix ans après la mort de Zyed et Bouna, la justice a relaxé deux policiers, poursuivis pour non-assistance à personne en danger, suscitant la déception des familles.

Lire l’interview du grand frère de Zyed : « Depuis la relaxe des policiers, les jeunes ont la haine »