Hauts-de-Seine: Le maire rebaptise «Charles-Pasqua» la «place de la Résistance» et suscite la colère d'anciens combattants

POLEMIQUE Les anciens combattants appellent à une manifestation samedi...

20 Minutes avec AFP

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Charles Pasqua, en novembre 2009
Charles Pasqua, en novembre 2009 — CHAMUSSY/SIPA

Une décision « outrancière, provocatrice » et « pas acceptable ». Plusieurs associations d’anciens combattants ne goûtent pas la décision de la mairie du Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine) de débaptiser une « place de la Résistance » au profit du nom de l’ancien ministre Charles Pasqua.

Cette place, située au centre-ville de cette commune de l’ouest de Paris, doit être rebaptisée « Place Charles-Pasqua », après une délibération votée cet été par le conseil municipal du Plessis-Robinson, quelques jours après la mort de l’ex-ministre.

« Rendre hommage à son mentor »

Pasqua, ancien président du Conseil général de ce département (1988-2004), était considéré comme un « vrai père spirituel » par le maire de la commune, Philippe Pemezec, avait indiqué l’édile sur son blog au lendemain de la mort de l’ancien ministre le 30 juin.

« Pour permettre au maire de rendre hommage à son mentor, le conseil municipal a pris une décision qui va à l’encontre du devoir de mémoire », déplorent les anciens résistants, qui rappellent que le 70e anniversaire de la création du Conseil national de la Résistance est célébré cette année.

« Le choix de la première municipalité du Plessis-Robinson issue de la Résistance a été d’honorer les résistantes et résistants, en faisant déboucher l’avenue de la Résistance sur la place de la Résistance », poursuivent-ils, alors que la mairie a notamment expliqué son choix par l’existence d’une avenue et d’une place du même nom, selon elle source de confusion.

Une « sinistre décision »

D’après les signataires de l’appel, 12 résistants du Plessis-Robinson sont morts pour la France. « Cette sinistre décision (de changement de nom de la place) provoque un malaise palpable et de l’incompréhension parmi la population robinsonnaise, y compris chez de nombreux gaullistes », assurent-ils.

Un appel au rassemblement se tiendra samedi à 11 heures sur la place en question. Il a également été signé par le PS, le PCF, EELV et la CGT. Ex-premier flic de France à la réputation sulfureuse en raison notamment de ses démêlés judiciaires, Charles Pasqua, disparu cet été à l’âge de 88 ans, s’était lui-même engagé dans la Résistance à l’âge de 15 ans, dans le mouvement Combat.