Bordeaux: Des sources radioactives égarées contaminent plusieurs personnes

SANTE Elles étaient présentes dpeuis des années dans un laboratoire scientifique de l’Université de Bordeaux...

20 Minutes avec AFP

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Un panneau indique un danger de radioactivité
Un panneau indique un danger de radioactivité — Kenzo Tribouillard AFP

Elles ont été découvertes par hasard, lors d’une « opération de rangement ». Mais ces deux sources radioactives ont bien agi : elles ont contaminé plusieurs personnes travaillant dans ce laboratoire scientifique de l’Université de Bordeaux.

Les sources ont été découvertes en juin au sein d’un laboratoire de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), dépendant du campus de Carreire, alors que le laboratoire ne « disposait plus d’autorisation de détention de sources radioactives depuis de nombreuses années du fait de l’arrêt de ses activités impliquant des sources radioactives ».

« Un local très encombré et régulièrement fréquenté »

C’est le « service de prévention » de l’université qui a fait cette découverte dans « un local très encombré et régulièrement fréquenté » à l’occasion « d’une opération de rangement », précise dans un communiqué l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui a classé l’événement au « niveau 2 » sur une échelle qui en compte 8.

« Dès leur découverte, les sources ont été transférées et mises en sécurité dans un local d’entreposage prévu à cet effet au sein du campus universitaire », ajoute l’ASN, qui indique n’avoir été informée de l’incident par l’Université que le 18 septembre.

Les deux sources radioactives sont un « récipient contenant une fiole de technétium-99 » et un « pot plombé renfermant un élément radioactif fortement irradiant », dont la nature n’a pas encore été précisément identifiée, mais qui est « un produit à durée de vie très courte et pour lequel tout concourt à dire qu’il a perdu sa radioactivité », a précisé Paul Bougon, chef de la division bordelaise de l’ASN.

« Prévenir la répétition d’un événement similaire »

Selon l’ASN, une personne travaillant dans ce local aurait reçu une dose proche de 20 millisievert (mSv)/an, soit la limite maximale autorisée pour les travailleurs du secteur nucléaire, qui font l’objet d’une surveillance médicale renforcée. Plusieurs autres personnes, dont le nombre n’a pas été précisé, ont dépassé la limite de dose annuelle pour le public fixée à 1 mSv/an.

Au vu de cet incident et à la suite d’une inspection des locaux incriminés, l’ASN a demandé à l’Université la mise en œuvre d’un « plan d’action » afin de « prévenir la répétition d’un événement similaire ». L’organisme exige également que soit affinée l’évaluation des doses reçues par le personnel concerné et la détermination précise du nombre de personnes exposées.