Vol de valises: Le procès de 18 bagagistes s'ouvre ce mercredi

JUSTICE Ils ouvraient les sacs à l’aide de mousquetons d’alpinisme, ont raconté certains...

N.Beu. avec AFP

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Illustration d'avions d'Air France à Roissy.
Illustration d'avions d'Air France à Roissy. — SIPA

Téléphones, ordinateurs, parfums ou encore montres de luxe... Dix-huit bagagistes sont jugés de mercredi à vendredi pour vol en réunion par le tribunal de Bobigny, accusés d’avoir forcé les bagages de milliers de voyageurs à Roissy, entre 2008 et 2011.

Agés de 25 à 46 ans, pour certains également accusés de recel, ces salariés de la société Europe Handling Roissy (EHR) étaient notamment chargés de transporter les bagages de passagers d’Air France. Leur employeur et la compagnie aérienne se sont tous deux portés parties civiles.

Un groupe organisé?

Lors de l’enquête, la plupart des agents de piste mis en cause avaient reconnu les faits. Certains avaient raconté comment au petit matin, dissimulés en soute derrière des « murs de bagages », ils ouvraient les sacs à l’aide de mousquetons d’alpinisme. Et décrit un « système bien huilé », connu de longue date.

Actes isolés ou groupes coordonnés, avec guetteurs rémunérés ? Le procès devra surtout répondre à cette question. Pour Malika Larbi, avocate de l’un des prévenus, « il est évident que ce n’était pas du tout organisé ». « Ce ne sont pas des délinquants, ils ont tous des casiers judiciaires vides. Ce sont pour la plupart des pères de famille qui ne gagnaient pas beaucoup et voulaient arrondir leurs fins de mois. Ils ont été tentés par l’argent facile et ont été pris dans un engrenage », dit-elle.

Un salarié s'est suicidé

Me Larbi décrit, à l’époque de l’enquête, de « grands gaillards qui se sont mis à pleurer devant leur avocat ». « Un salarié mis en cause s’est suicidé », poursuit-elle. « Air France sera présente à la barre et entend présenter des réclamations », a de son côté déclaré laconiquement à l’AFP Fabrice Pradon, l’avocat de la compagnie, actuellement plongée dans la tourmente sociale.

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Sollicité, le conseil de la société EHR, employeur des agents de piste, n’a pas souhaité s’exprimer. Au début des investigations, le préjudice avait été estimé au minimum à 176.000 euros.