VIDEO. Emeutes à Moirans: Il n’y a «pas eu de violence», assure la mère d'un des détenus

FAITS DIVERS Des gens du voyage ont incendié des voitures pour protester contre une décision de justice mardi...

N.Beu.

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Adèle Vinterstein,dans son camp de gens du voyage, à Moirans, le 20 octobre 2015.
Adèle Vinterstein,dans son camp de gens du voyage, à Moirans, le 20 octobre 2015. — PHILIPPE DESMAZES / AFP

Le calme est revenu à Moirans ce mercredi matin. Après les émeutes de la veille, provoquées par des gens du voyage qui exigeaient une permission de sortie de prison pour deux des siens, l’heure est désormais au bilan et à l’analyse de ce qui s’est passé dans cette ville de l’Isère.

D’un point de vue matériel, le maire de Moirans, Gérard Simonet, n’a pas voulu donner de chiffre précis. Mais il a tout de même listé les dégâts ce mercredi matin, au micro de BFMTV : des axes départementaux détériorés, des voies de la SNCF abîmées et des biens appartenant à des particuliers saccagés ou pillés, comme la casse et un restaurant.

« On m’a raconté n’importe quoi »

Surtout, le maire de la ville a fait part de ses « regrets ». S’il a évoqué des violences « intolérables » de gens cagoulés, l’élu a aussi pointé du doigt la négligence supposée de la justice, qui « aurait pu nous avertir [de sa décision de refuser une permission de sortie de prison] pour anticiper [la suite des événements] auprès des gens du voyage ». « L’indépendance ne signifie pas qu’elle ne devait pas rendre des comptes », selon lui. Et Gérard Simonet de regretter également que « les forces de l’ordre aient mis si longtemps à intervenir ».

Du côté de la mère de l’un des détenus, qui espérait que son fils soit autorisé à sortir de prison pour assister aux obsèques de l’un de ses frères, pas de regrets en revanche. A BFMTV, Adèle Vinterstein explique qu’elle a tout fait pour obtenir une permission de sortie dans les règles. « Depuis samedi, j’ai appelé toutes les personnes possibles, que ce soit juge, avocat, SPIP [le Service pénitentiaire d’insertion et de probation], prison, pour demander que mon fils qui est incarcéré puisse assister aux funérailles de son petit frère, a-t-elle déclaré. En sachant que j’ai demandé une escorte, je n’ai pas demandé à ce que mon fils sorte comme ça. J’ai demandé à ce qu’il sorte avec une escorte, même avec des boulets aux pieds s’il fallait, des menottes aux mains. » Mais « on m’a raconté n’importe quoi », s’agace-t-elle.

Une réplique à venir ?

Au sujet des émeutes, elle assure que « le but n’était pas d’en arriver là ». « Mais c’était la seule solution pour qu’on m’entende », dit-elle. Pour elle, les dégâts sont en outre minimes. Il n’y a « pas eu de violence », personne n’a été blessé, et seules « des voitures ont été cassées, qui étaient déjà cassées, et des pneus », affirme-t-elle.

Et maintenant ? « Si je dois repousser l’enterrement de mon fils demain, je vous le dis honnêtement, ce qu’il s’est passé aujourd’hui, je ne l’ai pas demandé. Mais j’attends demain. Il se passera ce qu’il se passera. Je n’ai plus rien à perdre, absolument plus rien à perdre », prévient Adèle Vinterstein. Une nouvelle décision du juge d’application des peines est désormais attendue. Et « si le juge ne lui donne pas l’autorisation, ça ne s’arrêtera pas car c’est une question de respect », a averti un jeune homme, interrogé par l’AFP.