Béziers: Un restaurateur a été condamné à an de prison ferme pour «apologie du terrorisme»

JUSTICE Il avait partagé des vidéos djihadistes sur Internet...

20 Minutes avec AFP

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Le logo du restaurant-snack le Toubib Burger.
Le logo du restaurant-snack le Toubib Burger. — Capture d'écran Facebook.

Un restaurateur biterrois a été condamné lundi à un an de prison de ferme pour apologie du terrorisme et détention d’armes, pour avoir notamment partagé des vidéos djihadistes sur internet. Trois ans de prison dont un avec sursis avaient été requis contre Alain Courmont par le procureur Jean-Louis Sire. Le maintien en détention de Courmont a été ordonné.

Le restaurateur a été condamné pour avoir partagé des vidéos djihadistes sur internet, mais également parce qu’il portait le jour de son arrestation, sous un blouson, un T-Shirt où figuraient des paroles de Mahomet analogues à celles qu’arborent les drapeaux de groupes terroristes.

« Mon seul délit, c’est de m’être converti à l’Islam »

Sur internet, tous les contacts de Courmont « étaient en lien avec le terrorisme », a relevé le procureur lors de l’audience devant le tribunal correctionnel de Béziers. L’enquête n’a toutefois pas permis d’établir qu’il ait dirigé « quiconque que ce soit vers des sites terroristes », a précisé le procureur.

« Je ne suis pas un terroriste, je suis quelqu’un de normal. Mon seul délit, c’est de m’être converti à l’Islam », s’est défendu à l’audience Alain Courmont. Le fait qu’il ait vendu, dans son restaurant de Béziers, des sandwichs portant les noms « AK-47 », modèle de kalachnikov, « Famas », le fusil d’assaut de l’armée française, ou « M-16 », celui de l’armée américaine, n’a en revanche pas été retenu.

« Dans cette procédure, nous sommes dans la peur du musulman »

« On lui reproche d’avoir fait l’apologie d’actes de terrorisme, sans jamais prouver quoi que ce soit », a regretté son avocat Luc Abratkiewicz. « Aujourd’hui, dans cette procédure, nous sommes dans la peur du musulman », a-t-il ajouté.

« Si cette affaire avait été sérieuse, jamais on aurait envoyé le SRPJ (la police judiciaire) mais la DCRI », le service du renseignement intérieur, chargé des affaires de terrorisme, pour l’interpeller, a-t-il fait valoir. Outre les faits d’apologie du terrorisme, Courmont a été condamné pour la détention, en récidive, d’une arme : un fusil sans ses munitions.