Tout savoir sur LSK, la nouvelle affaire dans laquelle apparaît le nom de DSK

JUSTICE Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire contre Dominique Strauss-Kahn pour escroquerie et abus de biens sociaux...

T.L.G.

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DSK en Ukraine, le 11 septembre 2015.
DSK en Ukraine, le 11 septembre 2015. — Efrem Lukatsky/AP/SIPA

DSK de nouveau dans le collimateur de la justice ? Le parquet de Paris a ouvert le 28 juillet une enquête préliminaire contre l’ex-patron du FMI pour escroquerie et abus de biens sociaux en lien avec son ancienne société d’investissement en faillite LSK, révèlent France Inter et Le Parisien magazine ce vendredi. 20 Minutes vous détaille les points clés de cette affaire.

 

LSK, une société « à la gestion douteuse »

LSK (Leyne Strauss-Kahn & Partners) est le nom d’une société d’investissement luxembourgeoise créée par Thierry Leyne, un « ambitieux homme d’affaires franco-israélien », indique France Inter. DSK devient président du conseil d’administration de l’entreprise, le 18 octobre 2013. Il veut alors en faire un fonds spéculatif d’une valeur de 2 milliards de dollars.

LSK sera finalement déclarée en faillite en novembre 2014, quelques semaines après le suicide à Tel Aviv de son fondateur et dirigeant, Thierry Leyne. DSK avait lui quitté la présidence du groupe quelques jours avant ce décès. « DSK a pris la tête d’un groupe à la gestion douteuse », écrivent les journalistes. « A l’été 2013, soit un mois avant son arrivée, elle affiche déjà une perte de 13 millions d’euros ». La principale filiale, Assya Luxembourg, aurait alors du mal à payer ses notes de téléphone, d’électricité, de fournitures de bureau et verserait les salaires avec du retard.

Pourquoi en parle-t-on aujourd’hui ?

Le 30 juin dernier, l’actionnaire Jean-François Ott dépose plainte. Il affirme avoir perdu les 500.000 euros injectés dans le capital du groupe via sa société chypriote Roxannia. L’homme d’affaires est persuadé qu’à l’époque, on lui a présenté une situation financière de LSK qui n’était pas conforme à la réalité et décide de porter plainte contre les gestionnaires, dont DSK.

La plainte d’un ancien banquier macédonien, désormais propriétaire de vignobles, déposée le 8 octobre, pourrait être jointe à la procédure. Ce dernier aurait acheté huit obligations de LSK pour un investissement total de 400 000 euros.

La défense de DSK

« Il n’a jamais exercé aucune fonction opérationnelle […] La direction de l’entreprise était assurée par Thierry Leyne », écrit l’avocat de l’ancien socialiste, Me Jean Veil, au parquet de Paris. Il ajoute : « Sa signature figure sur plusieurs procès-verbaux de conseils d’administration de LSK auxquels il n’a jamais participé ».

L’ancien directeur général du FMI avait lui expliqué dans Le Parisien, le 30 octobre 2014, que son ex-associé « avait contracté une série d’emprunts excessifs ». Il avait aussi admis qu’il était au courant de la « réputation contrastée » de son associé, mais expliqué avoir été attiré par le fait que l’homme d’affaires « avait fait dans le passé de très belles opérations ».

Que va faire la justice ?

« La première question que devra se poser la brigade financière de la Police Judiciaire de Paris, qui a été saisie de l’affaire, est : comment ont été dilapidés les 100 millions d’euros aujourd’hui réclamés par 156 créanciers de multiples nationalités ? », écrit France Inter.

Les enquêteurs devraient tout d’abord entendre le plaignant, Jean-François Ott, pour lui faire préciser les termes de sa plainte. « A ce stade, il est prématuré de s’avancer sur le devenir de cette enquête », a indiqué ce vendredi une source judiciaire à l’AFP. Outre la désignation de juges instructeurs ou la citation directe devant un tribunal, le parquet peut décider de classer sans suite.

Se posera ensuite la question de la compétence du tribunal de grande instance de Paris. Les infractions présumées étant susceptibles d’avoir été commises hors du territoire national, au Luxembourg, à Chypre ou encore à Monaco. La justice devra ensuite déterminer si DSK a bien joué un rôle opérationnel dans la société.