La ministre de la Santé Marisol Touraine à Paris le 24 septembre 2015
La ministre de la Santé Marisol Touraine à Paris le 24 septembre 2015 — Eric Piermont AFP

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Infertilité: Les personnes sans enfants pourront bientôt donner leurs gamètes

Le gouvernement veut ainsi faire face à la pénurie de dons en France...

Comme pressenti il y a quelques jours, Marisol Touraine a annoncé l’élargissement du don d’ovocytes et de spermatozoïdes aux personnes sans enfants, dans une interview publiée ce jeudi par le quotidien Ouest France. Un décret en ce sens doit être publié au Journal Officiel ce jeudi.

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Le don de gamètes - ovocytes et spermatozoïdes - était jusque-là réservé aux adultes en bonne santé ayant déjà eu des enfants.

A la recherche de 450 donneuses

« La loi permet de conserver [par congélation] des gamètes au profit des donneurs, mais le décret rappelle qu’ils ne pourront être utilisés par ces derniers que s’ils sont devenus eux-mêmes infertiles », précise la ministre de la Santé.

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L’objectif de cette mesure est d’endiguer la pénurie de dons à laquelle sont confrontés les couples infertiles, surtout en matière d’ovocytes. « Cette année, il nous faudrait 1.200 donneurs : 900 femmes, 300 hommes, or nous n’avons que 450 dons d’ovocytes et 260 de spermatozoïdes », souligne Marisol Touraine.

« Pour éviter toute démarche qui ne serait pas volontaire ou suffisamment éclairée », une consultation préalable avec un psychologue sera « obligatoire » pour ceux qui ne sont pas parents, précise la ministre, ce qui permettra de vérifier que le candidat donneur n’est pas soumis à des pressions. Elle souligne, en outre, que « donner ses ovocytes, alors qu’on n’a pas eu d’enfants, n’altère pas sa propre fertilité. »

Un acte méconnu en France

Désormais même sans avoir eu d’enfant, une femme qui a entre 18 et 37 ans peut donner ses ovocytes et un homme qui a entre 18 et 45 ans peut donner ses spermatozoïdes.

Mais le don d’ovocytes (ou ovules) reste un acte encore méconnu et peu répandu en France malgré plusieurs campagnes d’information. Selon l’agence de la Biomédecine, près de 200 enfants naissent chaque année en France grâce à ces dons.

Au point que les délais d’attente pour les couples infertiles demandeurs atteignent aujourd’hui entre un et quatre ans selon les centres, contraignant de nombreux d’entre eux à se tourner vers l’étranger et notamment l’Espagne.