Décrocher un contrat d'apprentissage est un parcours du combattant selon 66% des Français

EMPLOI Selon un sondage BVA* pour leboncoin.fr dévoilé par «20 Minutes»...

Delphine Bancaud

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Dijon, 21/04/2015 - Inauguration d'Apprentissimo, salon dedié à l'apprentissage en Bourgogne.
Dijon, 21/04/2015 - Inauguration d'Apprentissimo, salon dedié à l'apprentissage en Bourgogne. — TARDIVON JEAN CHRISTOPHE/SIPA

Une formation pragmatique, répondant aux besoins des entreprises et stimulante pour les jeunes. L’apprentissage a gagné ses lettres de noblesses auprès du grand public, selon un sondage BVA* pour leboncoin.fr dévoilé par 20 Minutes.

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Ainsi, 88 % des Français déclarent en avoir une bonne image, 94 % pensent que ces formations permettent aux jeunes de se confronter aux réalités de l’entreprise et 86 % estiment qu’elles les aident à trouver un emploi plus facilement. « L’apprentissage apparaît comme un excellent outil de lutte chômage des jeunes et les gouvernements successifs ont su bien communiquer sur ses vertus », explique Jean-Jacques Dijoux, directeur général de l’Agefa PME (organe de la CGPME visant à promouvoir l’apprentissage).

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Mais dans ce tonnerre de louanges, se cache un point noir, car les deux tiers des Français estiment que trouver un poste d’apprenti est compliqué actuellement. « Ils ont conscience que la conjoncture a renforcé la concurrence chez les jeunes et qu’il est encore plus difficile de convaincre un recruteur aujourd’hui », explique Blandine Tardieu, chef de groupe chez BVA. Outre un marché du travail bouché dans certains secteurs, Morgan Marietti, président de l’association nationale des apprentis de France (ANAF), attribue aussi les difficultés des jeunes un problème de méthode : « ils n’ont pas toujours les codes de l’entreprise et utilisent des techniques de recherche d’emploi du Moyen-Âge », assène-t-il.

Cibler les entreprises à contacter

Pour décrocher un contrat d’apprentissage, mieux vaut débuter tôt ses recherches (au moins trois mois avant), selon Jean-Jacques Dijoux. En commençant d’abord par soigner son CV en n’omettant aucune expérience : « Le jeune doit évoquer tout ce qu’il a fait : l’organisation d’un événement au lycée, la participation à une association, la pratique intensive d’un sport… ». Et pas besoin selon Morgan Marietti « de faire de l’abattage et d’envoyer son CV à pléthore d’entreprises. Il vaut mieux en cibler quelques unes et les appeler pour savoir de quelles compétences ils ont besoin, en fonction de leurs projets. Il faut ensuite rédiger sa lettre de motivation en montrant quel service on pourra rendre à l’entreprise ».

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Outre les listes d’entreprises à contacter proposées par les centres de formations des apprentis (CFA), et les offres trouvées sur des sites spécialisés, il faut aussi identifier d’autres entreprises susceptibles d’accueillir des apprentis. « Il ne faut pas hésiter à faire du porte à porte lorsqu’on recherche dans le commerce ou la restauration par exemple. Ou de fréquenter les salons professionnels », suggère Jean-Jacques Dijoux. Autres canaux à explorer : les réseaux sociaux. « Il ne faut surtout pas contacter un recruteur sur Viadeo, Twitter ou LinkedIn en lui demandant s’il a besoin d’apprentis, mais entrer en contact avec lui en commentant ses posts ou en lui posant des questions. C’est ensuite que l’on pourra parler de sa recherche », conseille Morgan Marietti.

Un candidat réactif et inspiré en entretien

Si ces techniques fonctionnent et qu’elles débouchent sur un entretien, mieux vaut se préparer à ce face-à-face : « Le candidat doit montrer qu’il connaît l’entreprise, ses clients, ses concurrents, ses projets et doit poser beaucoup de questions », estime Morgan Marietti. « On ne reprochera pas à un futur apprenti de ne pas avoir d’expérience, mais il doit savoir parler du métier qu’il vise et expliquer sa motivation. Il ne doit pas se comporter en conquérant ni être trop timide », indique Jean-Jacques Dijoux. Et pour ceux qui ont besoin d’être rassurés, il est utile de s’entraîner à l’entretien d’embauche. Outre les CFA qui organisent souvent de sessions de coaching, l’Agefa PME et l’ANAF en proposent aussi. De quoi être prêt le jour J.

 

* Sondage réalisé auprès de 1.118 personnes représentatives de la population française, par internet, les 1er et 2 octobre 2015 selon la méthode des quotas.