SNCF: Pourquoi les contrôleurs sont dispensés de verbaliser les migrants sans billet

MIGRANTS La mesure, locale pour le moment, a faire réagir l'extrême droite…

A.Ch.

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Des migrants sur un site SNCF à Calais-Fréthun.
Des migrants sur un site SNCF à Calais-Fréthun. — Ben Cawthra/REX Shutter/SIPA

Des « mesures exceptionnelles » : la SNCF a ainsi présenté à ses personnels les dispositions prises lors des contrôles de migrants à bord de ses trains. Dans une note interne, la SNCF demande à ses contrôleurs d’émettre, « si les conditions le permettent » des « réservations à 0€ afin de faciliter le placement d’un groupe à bord du train et préserver le confort des autres voyageurs ». Précisant que cette mesure intervient « à la suite du phénomène migratoire sans précédent que vous rencontrez actuellement à bord des trains », la SNCF dispense donc ses contrôleurs de verbaliser les groupes de migrants voyageant sans billet. « Il est nécessaire d’être en présence d’un groupe anormalement important d’individus voulant voyager sans titre de transport », précise la note.

« Politique d’humanité »

Les réactions ne se sont pas fait attendre : ce mardi, Marion Maréchal-Le Pen et Robert Ménard, le maire de Béziers, tweetaient leur indignation.

Emanant de la direction de Boulogne, la note serait une simple directive locale prise en raison de la situation des migrants dans le Nord, assurait la direction de la communication de la SNCF à La Voix du Nord. Mais contacté par Francetvinfo, la SNCF explique qu’il s’agit d’une mesure qui peut s’étendre à tous les trains en France. « La grande majorité des migrants circulent avec des billets. Mais on est parfois confrontés à des personnes sans billet ou qui n’ont pas le bon billet », explique la SNCF. « On n’est pas face à des fraudeurs chroniques ». Les contrôleurs ont donc désormais « la latitude » de ne pas verbaliser ces voyageurs, de la même manière qu’ils ont « la latitude de reconnaître la bonne foi d’un voyageur qui n’a pas composté son billet », poursuit la SNCF.

Il s’agit aussi pour la SNCF de ne pas perturber le voyage des autres passagers : les migrants non verbalisés se verront attribuer une place dans le train pour éviter « qu’ils circulent d’une voiture à l’autre ». La SNCF préfère présenter cette mesure comme une « politique d’humanité » : « Quand une famille monte dans un train sans billet, on ne va pas la faire descendre à la première gare et la laisser dormir dans le froid », explique-t-on à la direction de l’information de la SNCF.