Les policiers en colère manifestent devant le ministère de la Justice

SOCIETE Ils protestent après l’agression d’un policier par un homme en cavale en Seine-Saint-Denis…

A.Ch. avec AFP
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Illustration. Agents de police dans une poste
Illustration. Agents de police dans une poste — G. Varela / 20 Minutes

C’est un événement rarissime qui a lieu ce mercredi sous les fenêtres de Christiane Taubira : les syndicats policiers ont appelé  à un « rassemblement » devant le ministère de la Justice après que l'un des leurs a été grièvement blessé par un braqueur en cavale, lors d'une fusillade en Seine-Saint-Denis la semaine dernière. L’homme qui a blessé le policier était en cavale depuis qu'il n'était pas rentré d'une permission accordée en mai. Mais les doléances des syndicats, dont les responsables doivent s'exprimer sur place à 13 heures, vont toutefois bien au-delà de cette agression.

Les « héros du mois de janvier » sont fatigués

« Les policiers, héros du mois de janvier » après les attentats « sont devenus les oubliés de la République », tonne Jean-Claude Delage pour Alliance, premier syndicat de gardiens de la paix. Nicolas Comte, pour Unité-police SGP, évoque un « état de fatigue préoccupant ». « Un ras-le-bol, une perte du sens du métier », renchérit Patrice Ribeiro de Synergie, deuxième syndicat d'officiers.

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Les sollicitations ne risquent pas de diminuer dans les prochains mois, avec deux événements annonciateurs d'une sécurité maximale: la conférence des Nations unies sur le climat (COP21) au cours de laquelle les représentants de 195 pays sont attendus à Paris début décembre, et l'Euro-2016 de football (10 juin-10 juillet).

Cazeneuve tente d’apaiser ses troupes

Les syndicats pointent une « explosion des violences », un « manque de moyens », des « missions peu claires », une « absence de réponses pénales » qui les conduit à appeler unanimement à se rassembler place Vendôme sous les fenêtres de Christiane Taubira et devant les tribunaux en province, ravivant la guerre entre la police et la justice.  

Tentant d'apaiser ses troupes, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a prévenu mardi qu'il n'y avait rien à « gagner » à « opposer » police et justice.  « Il faut éviter les emportements et les amalgames et toutes propositions qui affaiblissent la relation entre la police et la justice », a-t-il insisté lors d'un discours devant les forces de l'ordre à l'Ecole militaire à Paris. « Je ne peux accepter que des policiers et des gendarmes puissent être atteints par des personnes qui devaient être en prison », a martelé le ministre de l'Intérieur.

Une « polémique stérile » pour l’USM

De son côté, la Garde des sceaux s'est dite prête à recevoir les représentants des forces de l'ordre. Devant les procureurs de France réunis à Paris, Christiane Taubira a insisté mardi sur la nécessité de « prévenir tout risque de libération injustifiée » de détenus, selon un communiqué. Elle a aussi dit envisager de mieux encadrer les permissions de détenus. L'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) a déploré mardi que l'émotion suscitée par « le drame » d'un policier blessé « par un condamné en état d'évasion » donne lieu « à une polémique stérile visant à opposer artificiellement police et justice ».