Le vrai-faux des flux migratoires en France

MIGRATIONS L’Insee dévoile ce mardi des chiffres très instructifs sur la période 2006-2013...

Nicolas Beunaiche
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Illustration de passeport.
Illustration de passeport. — XAVIER VILA/SIPA

Haro sur les idées reçues. L’Insee dévoile ce mardi les résultats d’une étude menée entre 2006 et 2013 sur les flux migratoires entre la France et l’étranger. Loin de donner à voir une immigration galopante, l’analyse de l’institut rétablit quelques vérités sur la démographie française. 20 Minutes a listé cinq idées reçues, afin de les mettre à l’épreuve des faits.

La France attire de plus en plus d’immigrés.

VRAI. Entre 2006 et 2013, le nombre de personnes nées à l’étranger de nationalité étrangère arrivées sur le territoire français a augmenté de 22 %. De 193.000 en 2006, il est passé à 235.000 en 2013, avec une progression régulière depuis 2009.

La part d’immigrés dans la population augmente très fortement.

FAUX. Au 1er janvier 2014, la France comptait 8,9 % d’immigrés (contre 8,1 % en 2006). Leur part dans la population s’est donc accrue de 0,8 point seulement entre 2006 et 2014. Car si des immigrés rejoignent la France, d’autres la quittent. En 2013, 95.000 d’entre eux ont quitté le territoire français, soit trois fois plus qu’en 2006. L’accroissement de la mobilité professionnelle de courte durée, notamment intra-européenne, l’explique en partie.

L’augmentation de la population est due à l’afflux d’immigrés.

FAUX. Entre début 2006 et début 2014, la population résidant en France a augmenté de 2,6 millions de personnes pour s’établir à 65,8 millions, sans compter Mayotte. Le solde migratoire, de +400.000 personnes sur la période, contribue pour 16 % à cette hausse.

Les Français quittent de plus en plus le territoire.

VRAI. Entre 2007 et 2013, le nombre de départs de personnes nées en France a progressé de 5,2 % par an en moyenne. En 2013, près de 197.000 d’entre elles ont quitté le territoire, soit 59.000 de plus qu’en 2006. Des chiffres dans la moyenne de l’OCDE, selon les experts, qui réfutent l’idée d’une fuite des cerveaux.

L’augmentation des flux migratoires est plus forte en France qu’ailleurs en Europe.

FAUX. Elle n’est pas spécifique à la France. En 2013, le solde migratoire dans l’Union européenne s’élevait à 575.000 personnes (3,4 millions d’entrées et 2,8 millions de sorties), soit 594.000 de moins qu’en 2006. La situation diffère simplement selon les pays : en Allemagne, le solde migratoire augmente fortement ; en Espagne, il est négatif. La France est au milieu.