IUT de Saint-Denis: Samuel Mayol, un directeur obstiné malgré les agressions

FAITS DIVERS Il a dénoncé des malversations présumées à l’IUT de Saint-Denis et reçoit depuis des menaces de mort...

Delphine Bancaud

— 

IUT de Saint-Denis, google street view
IUT de Saint-Denis, google street view — Google street view

Un homme de convictions qui ne lâche rien. Alors qu’il promenait son chien près de son domicile à Paris (20e) vendredi, Samuel Mayol a été frappé par-derrière, son assaillant lui soufflant au passage : « On va te buter », selon ses déclarations à la police. C’est la deuxième agression physique qu’il subit. Les tweets du directeur de l’IUT de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) envoyés depuis vont tous dans le même sens. On y lit l’obstination du personnage, qui plie mais ne rompt pas, même dans l’adversité.

32 menaces de morts

Même avant de prendre ce poste, Samuel Mayol faisait déjà parler de lui. Directeur du département techniques de commercialisation à l’IUT, sa candidature pour diriger l’établissement en a étonné plus d’un : « Sa jeunesse et son dynamisme détonnaient par rapport aux autres candidats. Mais il était ambitieux », explique une personne de son entourage professionnel qui préfère rester anonyme.

Une fois nommé en 2014, l’homme se fait remarquer en dénonçant des dérives dans son établissement. Tout d’abord en levant le voile sur un scandale présumé d’heures de cours fictives dans le département Techniques de commercialisation. Et protestant contre une association, L’Ouverture, qui cachait selon lui dans son local des tapis de prière et vendait, sans autorisation, des sandwichs halal.

Ces révélations suscitent bien des remous en interne et l’homme reçoit, selon ses dires, 32 menaces de morts.

Une personnalité clivante

Les faits qu’il dénonce sont confirmés dans un rapport d’inspection, remis début avril au ministère de l’Enseignement supérieur, mais mis en doute ensuite par l’université, qui a analysé les heures litigieuses. « Cet audit a permis de vérifier qu’une partie de ces heures (40 %) a été validée par la direction de l’IUT, qui en a attesté le service fait. Le reste, soit 60 %, n’a fait l’objet d’aucun paiement. Il en résulte donc qu’aucune heure n’a été payée indûment par l’université », a déclaré par communiqué, le président de l’université Paris-XIII la semaine dernière. Face à ces contradictions, le ministère a diligenté une nouvelle enquête à la rentrée pour faire toute la lumière sur cette affaire.

Du côté de l’enquête de police, qui a démarré il y a dix-huit mois, l’heure n’est pas non plus aux certitudes : « Pour le moment, les investigations n’ont donné aucun résultat. Il n’y a pas assez d’éléments pour étayer la réalité des faits rapportés par Samuel Mayol », a affirmé à l’AFP une source proche du dossier.

Des doutes qui ont entraîné la création de deux clans à l’université, ceux qui soutiennent le directeur de l’IUT et ceux qui commencent à prendre ses distances avec lui. « Il médiatise beaucoup son affaire. Or, on s’interroge toujours sur la vérité des faits », explique une personne de son entourage professionnel, sous couvert d’anonymat.

Pour l’heure, Samuel Mayol n’a pas l’intention de se terrer chez lui. Théoriquement en incapacité temporaire de travail pour une semaine, il a prévu de se rendre à l’université dès mardi pour assister à une réunion.