Prévenir le suicide chez les jeunes est toujours aussi difficile

SOCIETE Seulement 35 % des parents ont identifié des signes avant-coureurs avant le passage à l'acte de leur enfant...

Delphine Bancaud

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Paris le 20 fevrier 2013. 
Une affiche de l'association Le Phare Enfants-Parents qui oeuvre dans le domaine de la prévention du suicide des jeunes.
Paris le 20 fevrier 2013. Une affiche de l'association Le Phare Enfants-Parents qui oeuvre dans le domaine de la prévention du suicide des jeunes. — A. GELEBART / 20 MINUTES

En France, le suicide reste la première cause de mortalité chez les jeunes de 25/34 ans et la seconde pour les 15/24 ans. Mais rares sont les études qui tentent d’analyser ce fléau. Pour tenter de comprendre ce qui pousse les jeunes à passer à l’acte, l’association Phare Enfants-Parents a dévoilé ce jeudi une étude effectuée à partir des informations collectées auprès des parents de jeunes qui ont mis fin à leurs jours*. 20 Minutes en dévoile les grandes lignes.

Le profil des jeunes qui sont passés à l’acte surprend

Les trois quarts des jeunes qui ont mis fin à leurs jours avaient moins de 25 ans. Leurs parents les décrivent le plus souvent comme ayant un comportement positif et agréable, plutôt ouvert aux autres. Ils avaient aussi un goût prononcé pour les activités artistiques, culturelles et sportives. Rares sont ceux qui avaient un comportement passif ou agressif.

Leur situation familiale était stable au moment des faits

La majorité des jeunes (60%) habitaient encore chez leurs parents au moment où ils se sont donnés la mort. Mais 70 % d’entre eux vivaient dans un environnement familial dépourvu de relations conflictuelles, selon les dires de leurs parents. Loin d’être isolés, 90 % d’entre eux avaient des frères et sœurs.

Une minorité des parents ont identifié les signes avant-coureurs avant le passage à l’acte

Près de 65 % des parents ont perçu des signes inquiétant avant le suicide de leur enfant. Cependant, rétrospectivement, 77 % d’entre eux évoquent la tristesse ou la déprime de leur enfant avant son geste, sa fatigue mêlée d’insomnie, voire un changement radical de comportement.

Pourtant, la majorité de ces jeunes étaient suivis par le corps médical

Selon les parents, 70 % des jeunes suivaient ou avaient suivi des traitements médicamenteux et/ou psychiatriques avant leur acte. Et la moitié d’entre eux avaient déjà effectué une tentative de suicide. Mais les parents pensaient sans doute que leur enfant allait mieux au moment des faits. En revanche, 30 % des jeunes qui se sont donné la mort n’avaient jamais été suivis, ce qui met en évidence la complexité de la prévention.

>> A lire aussi : Phare enfants-parents éclaire la prévention du suicide et écoute les appels à l’aide

Leur acte était prémédité

Près de 65 % des parents interrogés estiment que l’acte de leur enfant était prémédité car 58 % des jeunes qui se sont suicidés ont laissé un message, dont la majorité exprimait leur désir de mort. D’ailleurs, 72 % des parents avouent avoir compris le geste de leur enfant, 12 % déclarent l’avoir partiellement saisi et 16 % ne le comprennent toujours pas.

* 243 questionnaires de parents adhérents de l’association ont été analysés.