Fin de vie: L'Assemblée rejette une nouvelle fois l'aide active à mourir

SANTE Les députés ont aussi repoussé un amendement de l’écologiste Véronique Massonneau en faveur d'« une assistance médicale au suicide »…

20 Minutes avec AFP
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Assemblée nationale. (Illustration)
Assemblée nationale. (Illustration) — LCHAM/SIPA

L’Assemblée nationale a rejeté une nouvelle fois lundi soir, par 35 voix contre 26, la possibilité d’une « assistance médicalisée active à mourir », que soutenaient des socialistes et des radicaux de gauche.

Dans le cadre de la deuxième lecture de la proposition de loi PS-LR sur la fin de vie, les députés ont aussi repoussé un amendement de l’écologiste Véronique Massonneau en faveur d'« une assistance médicale au suicide ».

Le « droit à la sédation profonde et continue » voté

L’ensemble de ces amendements avaient reçu un avis défavorable des rapporteurs de la proposition de loi, Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (LR). Pour le premier, le risque en cas d’adoption était « qu’aucun texte » ne sorte finalement du Parlement. La ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, avait aussi appelé à ne pas soulever « d’inquiétudes » dans la société par de tels « éléments d’affrontement à l’Assemblée ».

Déjà en première lecture en mars dernier, la même proposition avait été refusée par 89 voix contre 70. L’Assemblée a en revanche de nouveau voté lundi le « droit à la sédation profonde et continue » jusqu’au décès pour les malades incurables et dont le pronostic vital est engagé à court terme.

Des amendements de certains députés LR pour supprimer cette disposition, prévoir une sédation « réversible » ou encore une clause de conscience pour les médecins ont été retoqués.

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Proposition « très raisonnable, très contrôlée »

Auteur de l’amendement cosigné par 122 collègues socialistes pour une aide active à mourir, Jean-Louis Touraine avait défendu cette proposition « très raisonnable, très contrôlée ». Cette « assistance médicalisée » aurait été décidée conjointement par le malade et un collège médical. Il s’agissait selon lui de mettre fin aux quelque « 3.400 fins de vie provoquées dans nos hôpitaux en catimini et en toute illégalité » chaque année en France.

Le chef de file des députés radicaux de gauche, Roger-Gérard Schwartzenberg, voulait aussi éviter une agonie « lente et douloureuse », induite selon lui par la sédation. Il a rappelé la position constante de son parti sur la question, à l’inverse de plusieurs responsables socialistes qui défendaient encore en 2009 un « droit de finir sa vie dans la dignité ».

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Avant de lever la séance, les députés ont voté l’article de la proposition de loi prévoyant de rendre contraignantes les « directives anticipées », par lesquelles chacun peut stipuler son refus d’un acharnement thérapeutique. En vain, plusieurs députés LR comme Xavier Breton sont montés au créneau pour protester contre cette disposition, qui « déresponsabilise les professionnels de santé ». L’Assemblée poursuivra mardi en fin de journée la discussion du texte.