Policier grièvement blessé: Les syndicats réclament des «comptes» à Christiane Taubira

FAITS DIVERS Un policier est dans «un état désespéré» après avoir été blessé lundi, par un braqueur signalé pour radicalisation qui avait bénéficié d'une permission de sortie de prison…

V.V. avec AFP

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Des policiers et des pompiers sur les lieux où un policier a été gravement blessé à la tête, le 5 octobre 2015 à Saint-Ouen
Des policiers et des pompiers sur les lieux où un policier a été gravement blessé à la tête, le 5 octobre 2015 à Saint-Ouen — THOMAS SAMSON / AFP

La permission de sortie du braqueur ne passe pas auprès des policiers. Plusieurs syndicats de police réclament des comptes, ce mardi, à Christiane Taubira, la ministre de la Justice, après la course-poursuite, lundi, au cours de laquelle un des leurs a été blessé par balles à la tête par un braqueur fiché pour radicalisation qui avait bénéficié d’une permission de sortie de prison. Ce dernier a lui-même perdu la vie lors de l’échange.

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Alors que l’état du policier blessé à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) est jugé « désespéré », les syndicats de policiers demandent pourquoi un aménagement de peine a pu être accordé à ce braqueur qui faisait l’objet d’une fiche S (Sûreté de l’Etat) pour des soupçons de radicalisation. Agé de 24 ans, le jeune homme était connu pour une trentaine d’antécédents judiciaires, notamment des vols avec violence et en bande organisée.


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Il n’est pas revenu de sa permission de sortie en mai

« Ce qui est aberrant, c’est qu’un individu avec ce profil ait pu bénéficier d’un aménagement de peine [de la part d’un juge d’application des peines] et d’une permission sans garantie », déplore Synergie-officiers. Alliance s’en prend, quant à lui, à Christiane Taubira lui demandant de « rendre des comptes » aux policiers car « cela veut dire qu’on aurait pu éviter que notre collègue se trouve aujourd’hui entre la vie et la mort ».

 

Lundi, l’administration pénitentiaire a confirmé, auprès de l’Agence France Presse, que le braqueur avait « bénéficié d’une permission en mai 2015 » et qu’il n’était pas revenu à la prison de Réau (Seine-et-Marne) où il était détenu. La Chancellerie a souligné qu’il était « recherché depuis lors. »

Un signalement pour radicalisation

Selon l’administration pénitentiaire, une « Fiche S » le concernant avait été établie lors de son passage de la prison de Fresnes à celle de Réau en 2014 mais « il ne s’agissait par d’un signalement pour radicalisation ». Pour autant, les investigations menées sur son évasion ont ensuite bien abouti à un signalement pour radicalisation, selon un proche du dossier.

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Agé de 36 ans, le policier, père de famille, est hospitalisé « avec un pronostic vital engagé », a déclaré Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur, qui a fait part de son « indignation » lundi, en se rendant sur les lieux de la course poursuite.