A man walks past damaged cars in Biot, near Cannes, southeastern France, Sunday Oct.4, 2015. Sudden heavy rains around the French Riviera have killed at least 10 people, including some trapped in cars, a campsite and a retirement home, and left six missing. Car and train traffic was disrupted along the Mediterranean coast. (AP Photo/Lionel Cironneau)/NIC103/774647984835/1510041138
A man walks past damaged cars in Biot, near Cannes, southeastern France, Sunday Oct.4, 2015. Sudden heavy rains around the French Riviera have killed at least 10 people, including some trapped in cars, a campsite and a retirement home, and left six missing. Car and train traffic was disrupted along the Mediterranean coast. (AP Photo/Lionel Cironneau)/NIC103/774647984835/1510041138 — Lionel Cironneau/AP/SIPA

CATASTROPHE

Intempéries sur la Côte d’Azur : 17 morts et quatre disparus

De Mandelieu-la-Napoule à Nice, les inondations ont pris au piège les habitants de la côte…

C’est un spectacle de désolation qui attendait les habitants de la Côte d’Azur ce dimanche matin. Malgré le franc soleil, les dégâts des intempéries de la nuit étaient bien visibles sur une trentaine de kilomètres le long du littoral de Mandelieu-la-Napoule à Nice : parkings inondés, voitures enchevêtrées, rues couvertes de boue.

17 morts et 4 disparus

Au fil de la journée de dimanche, le bilan humain de la catastrophe s’est alourdi : on compte ce dimanche soir 17 morts, pris au piège dans un parking souterrain, coincés sous un tunnel ou noyés dans leur maison de retraite, et quatre personnes sont encore portées disparues (une à Antibes, deux à Cannes et une à Mandelieu-la-Napoule), a précisé Sébastien Humbert, sous-préfet des Alpes-Maritimes. Quelque 250 personnes était logées dans des hébergements provisoires dans le département, tandis qu'un total de 11.000 foyers étaient encore privés d'électricité dans cinq communes. Lundi, 15 écoles, un collège et un lycée resteront fermés.

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A Mandelieu, des lames d'eau ont surpris samedi soir les habitants de plusieurs résidences descendus dans les parkings souterrains pour mettre à l'abri leurs véhicules. Dans les sous-sols, «l'eau est tellement opaque que les pompiers ne voient pas les corps. (...) C'est apocalyptique», a décrit le maire Henri Leroy. Les secours sortaient au fur et à mesure des corps des parkings, transportés ensuite par des fourgons de pompes funèbres.

Maison de retraite et camping

Les inondations ont également fait des victimes à Biot où trois résidents d'une maison de retraite sont morts, ainsi qu'à Vallauris-Golfe Juan où une famille de trois personnes a péri dans une voiture en empruntant un petit tunnel en cours d'inondation, et à Antibes où une femme a été emportée par les flots dans un camping. Ce camping du Pylone a été dévasté: «D'habitude, nous avons le temps de prévenir les gens», explique Françoise Pauget, la propriétaire. «On a toujours une demi-heure pour prévenir tout le monde. Mais là, en 10 minutes, qu'est-ce que vous voulez faire ?»

A Biot, les témoins du drame ont aussi évoqué l'enchaînement rapide des événements. «Nous avions deux salariés qui assuraient la surveillance de la maison de retraite cette nuit et des 48 pensionnaires: une aide-soignante et une auxiliaire de vie», a raconté à l'AFP Jean-Christophe Romersi, le responsable régional du groupe qui gère l'établissement. «Mais elles se sont retrouvées coupées du monde, dans l'impossibilité de prévenir les secours par téléphone», poursuit-il. Trois personnes âgées, logées au rez-de-chaussée, n'ont pu être sauvées. Malgré son importance, le bilan restait encore en deçà de celui des pluies torrentielles qui avaient fait en juin 2010 dans le Var 25 morts, 31.560 sinistrés et près d'un milliard d'euros de dégâts.

« Il vaut mieux laisser sa voiture que laisser sa vie »

Venu en urgence sur les lieux de la catastrophe, le président François Hollande a souligné que l'état de catastrophe naturelle serait déclaré dès mercredi en Conseil des ministres. Le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti, a proposé le déblocage local immédiat «d'une enveloppe de 5 millions d'euros» pour accompagner les victimes. Michel Vauzelle, président PS de la région PACA, a lui annoncé le déblocage d'une aide exceptionnelle d'urgence de 4 millions d'euros.

A Cannes, à la cellule de crise dans les locaux de la police municipale, François Hollande a pu regarder des images de vidéosurveillance enregistrées au cours de la nuit, au côté du maire David Lisnard. Les intempéries ont fait deux morts sur la voie publique à Cannes. Le chef de l'État a évoqué aussi les conditions dans lesquelles au moins sept personnes sont mortes dans la commune voisine de Mandelieu-la-Napoule, prises au piège dans le parking de leur résidence en essayant probablement d'aller mettre leur voiture à l'abri. «Encore une fois, il faut qu'on prévienne qu'à un moment il vaut mieux laisser sa voiture que laisser sa vie», a commenté François Hollande.

Devant la presse, le président a fait un rapprochement avec les changements climatiques, rappelant que la France accueillerait à la fin de l'année la conférence sur le climat Cop21. «Il y a toujours eu des catastrophes, mais leur rythme, leur intensité se sont renforcés», a-t-il jugé, appelant à «prendre des décisions» pour le climat.