Protection civile: «Une situation d’urgence psychologique plus que vitale»

INONDATIONS Au lendemain des pluies diluviennes dans les Alpes Martitimes, Jérémy Crunchant, responsable de la protection civile du département, témoigne...

Propos recueillis par Romain Scotto

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Un habitant de la  ville de Biot, dimanche 4 octobre 2015, après une nuit de pluies diluviennes.
Un habitant de la ville de Biot, dimanche 4 octobre 2015, après une nuit de pluies diluviennes. — JEAN-CHRISTOPHE MAGNENET / AFP

Toute la nuit, les services de la protection civile des Alpes Maritimes ont tenté d’aider la population, assommée par l’équivalent d’un mois de précipitations. Au petit matin, dimanche, le bilan officiel fait état de 13 morts, 6 disparus (non définitif). Les dégâts matériels sont aussi considérables. Pour Jérémy Crunchant, responsable à la protection civile du département, l’heure est à l’organisation des secours et à l’assistance des sinistrés.

Une vision apocalyptique. « On ne s’attendait pas du tout à ça. On a vu des gens paniqués, dans leur voiture avec cette montée soudaine des eaux. Ils ne savaient plus où aller, ils ont abandonné leur véhicule. Sur le secteur de Cannes notamment, les rues étaient transformées en torrents d’eau. C’était impressionnant. Mais les plus gros dégâts sont à Cannes et Biot. »

Une population traumatisée. « De mémoire de Cannois, on n’a jamais vu ça. Quand il pleut, c’est déjà compliqué ici. Alors, là, c’est pire que tout. On avait face à nous des gens apeurés, terrorisés. On est dans une situation d’urgence psychologique plus que vitale. Il y a un choc. Ce dimanche matin, c’est encore pire. Les images de désolation sont catastrophiques. Dans toutes nos équipes il y a des équipiers sociopsychologues, au cas où. Il n’y a pas encore de demande de la préfecture de mettre en place une cellule psychologique dédiée, mais nos équipes sont prêtes. »

5 centres d’hébergement. « Nous avons pris en charge 5 centres répartis sur 5 communes, Biot, Antibes, Cagnes, Mandelieu et Cagne-sur-Mer. Dans des écoles ou des gymnases. Cela représente 500 personnes prises en charge. On leur donne un couchage, de quoi se réchauffer. Ce sont les gens qui n’ont pas pu rentrer chez eux. Certains centres vont fermer dimanche soir parce que beaucoup de personnes sont parvenues d’elles-mêmes à se reloger. Maintenant, les centres ont besoin de renforts nationaux. D’autres membres de protection civile d’autres départements doivent nous aider. »

Mission sauvetage et déblaiement. « C’est une deuxième mission chez nous, cela veut dire qu’on assiste la population pour qu'ils puissent remettre en état leur bien. On passe la raclette. Ça a déjà commencé, ça se fait de manière assez naturelle avec les personnes. »