Un camp de migrants à Calais, le 19 septembre 2015.  AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN
Un camp de migrants à Calais, le 19 septembre 2015. AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN — AFP

CRISE DES RÉFUGIÉS

Calais: Emmaüs décide de «rompre le dialogue avec le gouvernement» sur l'accueil des migrants

Le président du mouvement a dénoncé, vendredi, « l’inertie malsaine du gouvernement »…

Le mouvement dénonce « l’inertie malsaine du gouvernement ». Emmaüs a décidé vendredi de « rompre tout dialogue avec le gouvernement » sur la question de l’accueil des migrants à Calais, a annoncé Thierry Kuhn, président de l’organisme dans un communiqué.

« Révolté par l’inertie malsaine du gouvernement et par l’incapacité de son ministre de l’Intérieur à apporter enfin des réponses adaptées à l’ampleur de la catastrophe humaine à Calais, j’ai décidé (…) de rompre tout dialogue avec le gouvernement », a annoncé Thierry Kuhn, président d’Emmaüs France dans un communiqué.

Un peu plus tôt, ce dernier était reçu, ainsi que d’autres associations (Cimade, Médecins du Monde, le Secours catholique, La Vie active…) venant en aide aux réfugiés, par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, place Beauvau. Et c’est après l’entrevue qu’il a rendu public sa décision.

« Une catastrophe à grande échelle s'annonce »

Pour Thierry Kuhn, « une catastrophe à grande échelle s’annonce à Calais dans les jours qui viennent à l’approche de l’hiver ». « Sciemment, délibérément, par aveuglement ou perfidie, le gouvernement se refuse à prendre des décisions qui seules seront de nature à apporter dignité et respect des droits fondamentaux aux 3.000 personnes actuellement bloquées à Calais dans des conditions insupportables et honteuses pour notre République », affirme-t-il.

Dénonçant « le décalage abyssal entre l’indécence des moyens mis sur la table et ceux qu’appelle la réalité de la situation », le président d’Emmaüs France juge notamment « choquant » d’entendre « les représentants du gouvernement se féliciter de la création du centre Jules-Ferry quand on sait qu’il n’abrite qu’un nombre infime de femmes et d’enfants, laissant des milliers de personnes dormir dehors ».

Mercredi, Bernard Cazeneuve avait rappelé que les possibilités d’accueil des femmes et des enfants allaient être élargies à Calais « dans le cadre du plan grand froid ». Vendredi soir, il a précisé aux associations que 200 places de plus allaient être créées au centre Jules Ferry pour les publics vulnérables. Et il a reconfirmé, comme l’avait annoncé Manuel Valls en août, la création de 1.500 places supplémentaires à Calais en 2016.

« Le gouvernement devra assumer seul les conséquences humaines de sa politique irresponsable », conclut Thierry Kuhn.

De son côté, l’association Médecins du Monde a précisé n’être « pour l’instant pas en rupture de dialogue avec le gouvernement », mais qu’elle n’était "pas satisfaite de ce qui est proposé, notamment du point de vue sanitaire.