Sécurité routière: Les 22 mesures du gouvernement seront-elles vraiment efficaces?

AUTOMOBILE Le gouvernement a dévoilé ce vendredi 22 nouvelles mesures pour lutter contre la mortalité sur les routes de France...

Laure Cometti

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Illustration d'un radar de tronçon, à Bordeaux, qui permet de contrôler la vitesse de circulation moyenne.
Illustration d'un radar de tronçon, à Bordeaux, qui permet de contrôler la vitesse de circulation moyenne. — SERGE POUZET/SIPA

« Il faut tout faire pour sauver des vies », a martelé Manuel Valls ce vendredi à l’issue du comité interministériel sur la sécurité routière. Après un début d’année 2015 plus meurtrier, le gouvernement a dégainé 22 mesures en mettant l’accent sur la répression des comportements dangereux au volant. L’objectif de passer sous le seuil des 2. 000 morts sur les routes en 2020 est maintenu, affirme le Premier ministre.

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Ces mesures permettront-elles d’atteindre ce cap ? 20 Minutes a consulté différentes associations concernées.

« On sanctionne, on réprime », déplore 40 millions d’automobilistes

L’association 40 millions d’automobilistes fustige « l’obsession des radars ». « Si les radars avaient un impact autre que sur la tirelire des conducteurs, la mortalité n’aurait pas augmenté ces derniers mois », déclare Pierre Chasseray, délégué général de l’association. « Ce ne sont pas les mesures qui ont un impact, c’est l’adhésion des Français à la politique de sécurité routière. Or cette adhésion est de plus en plus compromise, car on sanctionne et on réprime sans ausculter le terrain. Les gens vont se braquer », prévient-il.

Quant à l’amende de 650 euros infligée aux chefs d’entreprise ne dénonçant pas l’employé en cas d’infraction commise à bord d’un véhicule de société, Pierre Chasseray doute de son efficacité. « Un patron préfèrera payer plutôt que risquer de se retrouver avec un bon employé sans permis », déplore-t-il.

« Pas assez de prévention », regrette l’Association prévention routière

L’Association prévention routière (APR) est plus satisfaite car elle réclamait la plupart des mesures annoncées, comme le recours à l’éthylotest antidémarrage et le test salivaire pour contrôler la consommation de drogue. « Ces mesures sont devenues malheureusement indispensables vu les derniers chiffres de la sécurité routière », note Jean-Yves Salün, délégué général de l’APR, qui salue « un message clair de sévérité ».

Il se réjouit également des mesures concernant les deux-roues. Souvent accidentés, les motards devront désormais avoir leur permis moto depuis au moins deux ans pour conduire de gros cylindrés (supérieur à 56 chevaux). « Exiger cette expérience permettra d’éviter certains accidents ». Quant aux 10.000 « faux radars », « ils entraîneront des économies et luttent aussi contre l’idée répandue selon laquelle les radars ne servent qu’à remplir les caisses de l’Etat », convient Jean-Yves Salün.

Le volet préventif reste toutefois en dessous des attentes de l’APR. « Ces mesures vont prendre effet rapidement, mais sur le long terme, pour descendre sous la barre des 2.000 tués sur les routes, il faut plus de prévention et de grandes campagnes de communication ».

« Il faut plus de formation », réclame l’Automobile Club Association

Sur RTL, le directeur d’Automobile Club Association a exigé plus de formation auprès des usagers de la route, notamment les jeunes conducteurs, seul outil efficace selon lui pour responsabiliser les automobilistes.