Calais: Cazeneuve met en garde contre l'idée d'ouvrir la frontière avec la Grande-Bretagne

SOCIETE L'idée d'une plus grande ouverture de la frontière franco-britannique a resurgi cet été, alimentée par la crise des migrants bloqués à Calais...

M.C. avec AFP

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Le camp de la «jungle» de Calais, le 25 septembre 2015.
Le camp de la «jungle» de Calais, le 25 septembre 2015. — Michel Spingler/AP/SIPA

Bernard Cazeneuve n'est pas favorable à l'idée de faciliter le passage des migrants vers la Grande-Bretagne. «Si j'ouvre la frontière demain, ce sont des dizaines de milliers de réfugiés que nous aurons dans le Calaisis et à Dunkerque», a affirmé le ministre de l'Intérieur mercredi lors d'une audition devant la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.

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Il a souligné que «la simple annonce» par le Premier ministre britannique David Cameron, mi-septembre, de sa volonté d'accueillir au Royaume-Uni 20.000 réfugiés syriens au cours des cinq prochaines années avait «conduit les passeurs à diriger les demandeurs d'asile sur Dunkerque en nombre».

«A Dunkerque, nous avons presque uniquement des Syriens et des Irakiens»

«A Calais, nous avons beaucoup d'Érythréens, de Soudanais, des personnes des Balkans. A Dunkerque, nous avons presque uniquement des Syriens et des Irakiens», parce que «les camps de Dunkerque et de Téteghem», dans le Nord, «se sont confortés lorsque David Cameron a fait cette déclaration», a-t-il insisté.

L'idée d'une plus grande ouverture de la frontière franco-britannique et d'une révision du «traité du Touquet», conclu en 2003 pour renforcer les contrôles au départ de la France afin de juguler l'immigration clandestine en Grande-Bretagne, a resurgi cet été, alimentée par la crise des migrants bloqués à Calais.

Les possibilités d'accueil des femmes et des enfants vont être élargies à Calais

Bernard Cazeneuve a défendu la politique menée à Calais et assuré sa volonté de la mettre également en oeuvre à Dunkerque et Téteghem, villes dont il a précisé avoir reçu les élus mercredi matin. Lors de cette rencontre les collectivités locales ont émis plusieurs demandes, notamment de renforcer les forces de l'ordre, de mener une promotion de la demande d'asile et d'aider à financer des dispositifs humanitaires, a-t-on indiqué au ministère.

Bernard Cazeneuve a par ailleurs rappelé que les possibilités d'accueil des femmes et des enfants allaient être élargies à Calais «dans le cadre du plan grand froid». La préfète du Pas-de-Calais avait annoncé mi-septembre que 100 places de plus allaient être créées au centre Jules Ferry pour les publics vulnérables.