A quoi va ressembler le nouveau brevet des collèges?

EDUCATION Najat Vallaud-Belkacem a souhaité moderniser cet examen...

Delphine Bancaud

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Najat Vallaud-Belkacem.
Le30/09/2015
Credit:WITT/SIPA/1509301348
Najat Vallaud-Belkacem. Le30/09/2015 Credit:WITT/SIPA/1509301348 — SIPA

N’en déplaise à ceux qui prônaient la suppression du brevet des collèges, le jugeant inutile. Non seulement, il continuera à exister, mais il sera même revalorisé. La ministre de l’Education l’a confirmé ce mercredi, en dévoilant sa réforme de l’évaluation des élèves. « Il est très important que les élèves passent un premier examen national avant le bac », a-t-elle insisté. Ces nouvelles épreuves sur lesquelles les élèves plancheront pour la première fois en juin 2017, seront le reflet de la réforme du collège. 20 Minutes analyse ce lifting.

Des épreuves écrites remaniées

Dans sa version actuelle, le brevet des collèges est composé de trois épreuves écrites : français, maths, histoire-géographie. La version new look prévoit le premier jour une épreuve de français (3h) et une d’histoire géo-enseignement moral et civique (2h), qui auront un thème commun (par exemple la ville) et des questions identifiées pour chaque discipline. Le lendemain, les candidats passeront une épreuve de maths-sciences expérimentales et technologie (3h), comprenant un thème commun et des questions identifiées pour chaque matière. Nouveauté : cette dernière comprendra un exercice de programmation informatique. Des nouvelles épreuves que Pierre Merle*, sociologue de l’éducation juge à priori intéressantes même s’il attend d’en voir la mise en œuvre pour se prononcer : « tout dépend de ce que les enseignants en feront », indique-t-il. Frédérique Rolet, co-secrétaire générale du Snes est plus perplexe : « l’épreuve scientifique mélange trop de choses et je ne vois pas comment les enseignants vont pouvoir l’évaluer », déclare-t-elle.

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Une nouvelle épreuve orale

Celle-ci durera 15 minutes et comportera 10 minutes d’exposé et 5 minutes de questions/réponses avec le jury. L’élève choisira de présenter un projet qu’il a conduit dans le cadre des enseignements pratiques interdisciplinaires, du parcours avenir ou citoyen, ou encore du parcours d’éducation artistique. Il sera testé à la fois sur sa maîtrise du langage et sur ses connaissances. « Cela va compléter les compétences de l’élève que nous voulons évaluer », a insisté Najat Vallaud-Belkacem. Un avis partagé par Christian Chevalier, secrétaire général du SE-Unsa : « les élèves français sont considérés comme faibles à l’oral dans l’étude Pisa de l’OCDEEt avec cette nouvelle épreuve, les enseignants vont devoir les préparer à s’exprimer à l’oral. C’est d’autant plus important que la maîtrise du langage est discriminante socialement », affirme-t-il.

Une évaluation différente

Le brevet sera évalué sur 700 points et l’élève sera reçu s’il en cumule au moins 350. Le contrôle continu représentera 400 points et l’examen final 300 points. Un système équilibré selon Pierre Merle : « Il fallait conserver une notation externe et anonyme de l’élève, qui permet une évaluation plus équitable », estime-t-il. Mais Frédérique Rolet s’interroge sur les compétences qui seront évaluées en contrôle continu. « L’item "langages des arts et du corps" comprend à la fois l’EPS, l’éducation musicale et les arts plastiques. Comment évaluera-t-on un élève qui est bon dans une de ces matières et mauvais dans l’autre ? ».

Une cérémonie républicaine de remise des diplômes créée

Les diplômés du brevet y seront conviés le premier mercredi de la rentrée scolaire suivant leur 3 eme, ainsi que leurs parents et des élus locaux. « Ce rituel solennel manquait », a justifié Najat Vallaud-Belkacem. Un « gadget », selon Frédérique Rolet : « les élèves n’auront pas envie de revenir au collège. Et ce rituel solennel rappelle celui qui était en vigueur pour leur certificat d’étude ». Pierre Merle est plus clément et estime « que ce rituel permettra peut-être de valoriser le travail des élèves ». Même s’il doute de sa pérennité : « on peut se demander si les chefs d’établissements prendront vraiment le temps en pleine rentrée d’organiser une telle cérémonie ».

*Il est aussi l’auteur de La ségrégation scolaire paru en 2012 aux éditions La Découverte.