En quoi l'accès à l'IVG a t-il progressé ces dernières années?

SANTE Marisol Touraine présentera ce lundi un numéro téléphonique national d'accès à l'information sur l'avortement...

Delphine Bancaud
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Le centre de planification familiale du centre Hospitalier de Saint-Denis, le 16/01/2015.
Le centre de planification familiale du centre Hospitalier de Saint-Denis, le 16/01/2015. — CHAMUSSY/SIPA

Des petits pas successifs pour qu’avorter ne soit plus un parcours du combattant. A l’occasion de la Journée mondiale pour le droit à l’avortement ce lundi, la ministre de la Santé Marisol Touraine, annoncera la création d’un numéro téléphonique national d’accès à l’information sur le sujet, ainsi que le lancement d’une campagne nationale de communication sur l’IVG. L’occasion pour 20 Minutes de revenir sur les avancées en faveur de l'accès à l'IVG ces dernières années, même si certains blocages perdurent...

Le droit d’avorter a été réaffirmé et légitimé

La loi égalité hommes-femmes de 2014 a supprimé la notion de « situation de détresse » pour justifier d’une demande d’avortement. Une victoire pour les femmes, selon Véronique Séhier, co-présidente du Planning familial :« C’est une reconnaissance du choix des femmes à disposer de leur corps ».

Même satisfaction pour les associations féministes concernant la suppression du délai de réflexion de sept jours imposé aux femmes souhaitant une interruption volontaire de grossesse (IVG). Prévue dans le projet de loi Santé actuellement en discussion au Sénat, elle a été adopté par les sénateurs et les députés. « C’était un archaïsme de la loi Veil qui subsistait alors que les femmes sont capables de réfléchir par elles-mêmes et choisir d’avoir un enfant ou pas », souligne Véronique Séhier. Pour Fatima Benomar, porte-paroles de l’associaton féministe Effrontées, «la suppression de ce délai va aussi permettre aux femmes d’avoir accès plus rapidement à l’IVG».

Reste un bémol : Le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes avait recommandé au gouvernement de supprimer la « clause de conscience », permettant à un médecin de refuser une IVG. Mais le gouvernement ne l’a pas suivi. « En conséquence, le fait que certains médecins refusent de pratiquer un avortement pour des raisons personnelles ou religieuses rend compliqué l’accès à l’IVG dans certains zones rurales ou éloignées des grands centres hospitaliers », explique Véronique Séhier.

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L’information des femmes sur le sujet est devenu une priorité

« Ces dernières années, des lobbies anti avortement ont créé des sites qui colportent des idées fausses sur l’avortement et qui font culpabiliser les femmes », souligne Véronique Séhier. Pour lutter contre cet écueil, le ministère de la Santé a lancé en 2013 un site d'informations. Il va aussi lancer ce lundi un numéro téléphonique national d’accès à l’information où les femmes pourront parler aussi bien de contraception que d’IVG. Et la première campagne nationale de communication sur l’IVG insistera sur le fait que l’avortement est un droit à part entière. « On arrêtera peut-être d’en parler comme d’un échec », espère Véronique Séhier

Les obstacles financiers à l’IVG ont été levés

Depuis 2013, l’IVG est totalement remboursé par la Sécurité sociale. Désormais les actes associés le seront aussi, avec la prise en charge à 100 %  de la première consultation, des échographies et examens biologiques. « C’est une avancée importante que nous réclamions depuis longtemps », explique Fatima Benomar.

Annoncé dans les mesures du plan IVG en janvier 2015, le remboursement de ces actes doit s'appliquer avant la fin de l'année.
 

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Ceux qui pourront pratiquer une IVG seront plus nombreux

Le projet de loi santé prévoit que les sages-femmes pourront pratiquer les IVG médicamenteuses.  Une satisfaction pour Véronique Séhier : « Elles ont toutes les compétences pour le faire et ce système va permettre de rendre accessible l’IVG dans davantage de territoires ». Par ailleurs, le projet de loi Santé prévoit aussi la possibilité pour les centres de santé de réaliser des IVG instrumentales.

Un point positif, d'autant que « 180 centres IVG ont fermé ces dix dernières années. Ce qui a pénalisé notamment les femmes vivant en banlieue et dans des territoires ruraux », souligne Fatima Benomar. « Nous serons donc vigilants sur les moyens qui seront déployés par les agences régionales de santé afin améliorer l’accès à l’IVG sur tous les territoires », ajoute Véronique Séhier.