Beauvais: Un référendum local pour armer la police municipale

VOTE Dans les 32 bureaux habituels, entre 10 h et 18 h, les électeurs auront à répondre à la question : « Êtes-vous, oui ou non, pour l’armement de la police municipale », qui compte 50 agents...

B.D. avec AFP

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Illustration: une urne contenant des bulletins de vote en France.
Illustration: une urne contenant des bulletins de vote en France. — Fred LANCELOT/SIPA

La ville de Beauvais (Oise), dirigée par la droite, organise ce dimanche « une consultation citoyenne » pour savoir si ses habitants sont favorables ou hostiles à l’armement de la police municipale.

Un vote aura lieu dans les 32 bureaux habituels de cette commune de quelque 52 000 habitants, de 10 h à 18 h. Les électeurs auront à répondre à la question : « Êtes-vous, oui ou non, pour l’armement de la police municipale », qui compte 50 agents, a précisé vendredi la sénatrice-maire de Beauvais, Caroline Cayeux (Les Républicains). Le dépouillement aura lieu « dans les mêmes conditions » qu’une élection, a-t-elle ajouté.

La maire n'a pas pris position

« Longtemps très réservée », de son propre aveu, sur le fait d’armer la police municipale, Caroline Cayeux n’a pas pris position pour ou contre au cours de la campagne, marquée notamment par une lettre de la maire envoyée à chaque foyer de la commune. La majorité municipale est partagée sur le sujet. A gauche, tous les élus locaux ont pris position contre l’armement des policiers municipaux. L’organisation de ce référendum s’explique par le fait que l’armement de la police placée sous l’autorité de la maire « ne figurait pas dans le programme » de campagne aux élections municipales de 2014, a expliqué Caroline Cayeux.

Si « la délinquance a baissé d’environ 30 % » ces dernières années dans la commune, les délinquants sont « plus dangereux et parfois lourdement armés », notamment ceux liés « au trafic de drogue », a affirmé l’élue, par ailleurs présidente de Villes de France, l’association regroupant les communes et agglomérations de taille moyenne. Pour qu’une police municipale soit armée, il faut que le préfet donne son accord, a rappelé la maire de Beauvais. Dans l’Oise, les policiers municipaux de Chantilly peuvent porter une arme, tandis que le maire de Compiègne, Philippe Marini (Les Républicains), a sollicité une autorisation préfectorale pour ses policiers.

Résultats vers 19 h 30

Si l’avis des Beauvaisiens est favorable, le port d’arme dépendra du volontariat de chaque policier municipal et d'« une procédure d’aptitude », a précisé Caroline Cayeux. Le gouvernement s’est déjà déclaré hostile au port d’arme généralisé des policiers municipaux. C’est aussi la position de l’Association des maires de France (AMF).

Après les attentats commis en janvier en région parisienne par les frères Kouachi et leur complice Amédy Coulibaly, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve avait débloqué des crédits pour l’achat de gilets pare-balles pour les policiers municipaux. Les résultats de ce référendum local devraient être connus vers 19 h 30 ce dimanche.