L'armée de Terre s'inquiète du manque d'effectifs

DEFENSE La France doit recruter 11.000 soldats dans les deux prochaines années...

20 Minutes avec AFP
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Un militaire en faction devant une école juive à Paris, le 12 janvier 2015
Un militaire en faction devant une école juive à Paris, le 12 janvier 2015 — Joel Saget AFP

Les chefs de l’armée de Terre ont insisté mercredi sur la nécessité de recruter 11.000 soldats au cours des deux prochaines années pour pouvoir continuer à mener de front opérations extérieures et de sécurité intérieure dans de bonnes conditions.

La mobilisation de l’armée de Terre sur le territoire national depuis les attentats de janvier a « bouleversé l’équilibre entre-temps d’entraînement et missions », a expliqué le commandant des Forces terrestres, le général Arnaud Sainte-Claire Deville.

Les missions s’enchaînent et s’allongent

« L’important, c’est de maintenir la préparation opérationnelle (entraînement) de mes hommes. C’est un de mes défis aujourd’hui », a-t-il ajouté à l’occasion d’une présentation des moyens terrestres de l’armée au camp d’entraînement de Sissonne (Aisne). « Il est vraiment indispensable que j’obtienne les 11.000 hommes qui sont prévus (par la loi de programmation militaire révisée) de manière à ce que nous continuions à faire nos gammes », a insisté le général. Les entraînements sont « l’assurance-vie des soldats en opérations », a-t-il dit.

Quelque 11.000 soldats de l’armée de Terre sont actuellement engagés dans l’opération Sentinelle de défense du territoire (7.000 hommes) ou des opérations à l’étranger (4.000). Les missions s’enchaînent et s’allongent, compliquant de plus en plus les rotations. « Avec les 11.000 supplémentaires, une fois qu’on les aura recrutés, on sera encore capable de faire les deux » - opérations intérieures et extérieures - dans les mêmes conditions opérationnelles qu’avant les attentats, a souligné le chef d’état-major de l’armée de Terre, le général Jean-Pierre Bosser.

Les métiers des armes peinent à séduire les jeunes

« Pour l’année 2015, cela se présente bien, j’ai bon espoir de recruter les 5.000 (…) L’année prochaine, on devra recruter 6.000, ce sera un challenge encore plus important », a précisé le général Bosser. Le métier des armes, exigeant, dangereux et contraignant pour la vie de famille, peine à séduire les jeunes, notamment dans les rangs subalternes. Le gouvernement a engagé une réflexion sur le rôle que l’armée peut jouer dans la sécurité intérieure à l’aune des nouvelles menaces terroristes et des moyens existants, qui doit déboucher sur un rapport d’ici la fin de l’année.