Suicide assisté: Jean Mercier jugé pour avoir aidé sa femme à mourir

JUSTICE Jean Mercier, un octogénaire, avait aidé son épouse malade à se suicider en absorbant des médicaments...

F.R. avec AFP

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Jean Mercier (ici le 13 janvier 2015) est accusé de «non-assistance à personne en danger» pour avoir aidé son épouse à se suicider en novembre 2011. AFP PHOTO / PHILIPPE DESMAZES
Jean Mercier (ici le 13 janvier 2015) est accusé de «non-assistance à personne en danger» pour avoir aidé son épouse à se suicider en novembre 2011. AFP PHOTO / PHILIPPE DESMAZES — AFP

En novembre 2011, il avait aidé son épouse malade à se suicider en absorbant des médicaments. Jean Mercier est jugé ce mardi devant le tribunal correctionnel de Saint-Etienne (Loire) pour « non assistance à personne en danger ». Un procès qui ravive le débat sur l’euthanasie, le suicide assisté et le droit de mourir dans la dignité en France.

En décembre, Jean Mercier, 87 ans, avait raconté son histoire à 20 Minutes. Josiane, 83 ans, son épouse depuis plus de cinquante ans, souffrait d’une profonde dépression et des douleurs causées par une fracture d’un poignet. Atteinte d'arthrose, elle peinait à se déplacer et avait perdu de son autonomie. Le 10 novembre 2011, elle lui aurait demandé des médicaments.

«Je me suis assis à côté d'elle, on a parlé. Elle s'est endormie »

C’est « dans un état second » qu’il a glissé dans la main de sa femme vingt-huit somnifères avant de lui tendre un verre dans lequel étaient mélangés un demi-flacon de morphine et du jus de pamplemousse. « Je me suis assis à côté d’elle et on a parlé. Ensuite, elle s’est endormie », se remémorait l’octogénaire, il y a quelques mois. Jean Mercier disait alors être « en phase avec sa conscience » car sa femme et lui s’étaient « fait la promesse de s’aider mutuellement à partir si l’un n’était plus en état. On se disait même que ce serait un geste banal. Pas du tout, c’est un geste extrêmement difficile. »

C’est de ce geste dont Jean Mercier devra répondre ce mardi devant le tribunal. « J’aimerais mieux ne pas avoir de sursis et que ça fasse un foin tel que nos gouvernants s’attaquent à cette question avec sérieux et compétence », avait lancé, en janvier, le vieil homme qui encourt cinq ans de prison et près de 75.000 euros d’amende. « Je suis de plus en plus malade, je me fiche de ce qui peut m’arriver, je suis serein, mon cas importe peu », avait-il aussi avancé, résigné.