Des fleurs déposées en hommage aux victimes le 21 avril 2005 devant l'hôtel Paris-Opéra ravagé par un incendie
Des fleurs déposées en hommage aux victimes le 21 avril 2005 devant l'hôtel Paris-Opéra ravagé par un incendie — Joel Saget AFP

JUSTICE

Hôtel Paris-Opéra: La responsable de l’incendie rejugée en appel

Ce drame de la misère avait fait tué 24 personnes dont 9 femmes et 11 enfants en 2005…

Fatima Tahrour vit de remords et de regrets. Sans doute parce qu’elle n’a pas admis explicitement que son geste, bien qu’involontaire, avait été à l’origine de l’incendie le plus meurtrier à Paris depuis la Libération.

Condamnée à trois ans de prison ferme en première instance pour le feu en 2005 de l’hôtel Paris-Opéra, cette femme aura une nouvelle occasion, à sa demande, ce lundi de s’expliquer sur son rôle dans le drame qui a coûté la vie à 24 personnes dont 9 femmes et 11 enfants.

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« Pluie de corps »

Il y a dix ans, dans cet hôtel occupé par des familles étrangères et précaires, Fatima Tahrour (31 ans à l’époque) avait claqué la porte du Paris-Opéra en jetant des habits sur des bougies placées au sol, après une dispute avec son ex-compagnon, le veilleur de nuit Nabil Dekali. Un « geste de colère, d’une effroyable banalité, celui d’une fille martyrisée par l’homme qu’elle aime », avait défendu auprès de 20 Minutes son avocat Philippe Blachetier. Les premières flammes étaient parties de la salle des petits-déjeuners où le couple s’installait la nuit, par manque de place.

A leur arrivée vers 2h30 du matin, ce 15 avril 2005, les pompiers découvrent sous les flammes des scènes de chaos. « Une pluie de corps qui s’était abattue sur la voie publique, des gens paniqués [qui] jetaient des enfants par la fenêtre », décrira un responsable des secours.

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L’Etat, grand absent

Le veilleur de nuit a été condamné à deux ans de prison dont un avec sursis. Le tribunal avait retenu que sa consommation d’alcool et de stupéfiants avait « altéré ses réflexes […] aggravant ainsi les conséquences de l’incendie ».

Le père de Nabil Dekali, gérant de l’hôtel, avait de son côté écopé de trois ans de prison dont un avec sursis car il était parfaitement au courant de la suroccupation de l’établissement. Elle était « volontaire » et même « recherchée » dans un « but lucratif ». Ni lui, ni son fils n’ont fait appel. Comme en première instance, les grands absents de ce procès sont l’Etat et les acteurs sociaux, dont la responsabilité n’a jamais été engagée. Pourtant, c'était le Samu-Social qui avait placé ces familles dans cet hôtel.

Les pouvoirs publics étaient donc tenus de s'assurer de la bonne gestion de l'établissement. Or, 77 personnes étaient présentes dans les lieux ce soir-là. Alors qu'ils ne pouvaient en contenir que 62…