Nouveaux programmes scolaires: «Il faut dédramatiser la dictée»

INTERVIEW Annoncée ce vendredi lors de la présentation des nouveaux programmes scolaires par la ministre de l'Education, la dictée devrait devenir quotidienne et obligatoire à l'école primaire...

Propos recueillis par Helene Sergent

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Une élève lors d'une dictée lue par le romancier Daniel Pennac, le 01 octobre 2007 au collège Jacques Prévert à Paris
Une élève lors d'une dictée lue par le romancier Daniel Pennac, le 01 octobre 2007 au collège Jacques Prévert à Paris — Olivier Laban-Mattei AFP

Détesté ou traumatisant pour certains élèves, l’incontournable exercice de la dictée devrait devenir obligatoire et quotidien dès la rentrée 2016 si les nouveaux programmes, présentés ce vendredi, sont validés par le Conseil supérieur de l’éducation. Pour Laetitia Ferrari, professeure de lettres en classe de 6e et auteur de L’orthographe ou la bête noire du français, aux Cahiers pédagogiques (2012), cette annonce est un signe positif.

Comment analysez-vous l’arrivée de la dictée quotidienne et obligatoire ?

C’est une bonne chose pour les élèves, ça permet de créer des automatismes. Or pour créer ces automatismes orthographiques, il faut du temps, de la répétition, on ne maîtrise pas ces règles en deux mois. On peut envisager des dictées plus courtes, une ou deux phrases, afin d’aborder chaque jour une notion différente. Ça a également l’avantage d’être plus accessible pour les élèves en situation de handicap, dyslexiques, dysgraphiques ou dysorthographiques.

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Sa mise en place est-elle réaliste ?

Au collège, c’est plus difficile de l’instaurer parce qu’on ne rencontre pas forcément les élèves en classe de français tous les jours de la semaine. Mais on peut envisager de réaliser une dictée hebdomadaire. La régularité, c’est fondamental. L’essentiel est de dédramatiser la « dictée zéro pointé » et privilégier la dictée positive. Au lieu de retirer des points à chaque faute pour aboutir à une note finale négative, on peut plutôt choisir de donner des points lorsqu’une règle est acquise et maîtrisée. Et puis il existe divers exercices de dictée comme la dictée à trous, la dictée à réponses multiples, qui peuvent être des alternatives.

La dictée avait-elle vraiment disparu des classes ?

Cela dépend évidemment des professeurs et des classes. Mais au collège par exemple, il est fréquent de rencontrer certains enseignants qui considèrent qu’ils ne sont pas dans leur rôle et qu’ils ne sont pas là pour évaluer les socles d’apprentissage. Rendre la dictée obligatoire au collège et non uniquement au primaire, cela permettrait de sensibiliser les professeurs et de faire comprendre aux plus récalcitrants qu’ils doivent aussi penser à leurs élèves.