VIDEO. Crise des migrants: L'Etat va débloquer 530 millions d'euros pour accueillir les réfugiés

IMMIGRATION Le Premier ministre a dévoilé à l’Assemblée nationale les principales mesures d’urgence décidées par le gouvernement pour répondre à la crise de réfugiés…

L.C. avec AFP

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Manuel Valls s'est exprimé à l'Assemblée nationale le 16 septembre 2015.
Manuel Valls s'est exprimé à l'Assemblée nationale le 16 septembre 2015. — WITT/SIPA

Contrôle temporaire des frontières, 530 millions d’euros pour l’accueil des réfugiés, 900 postes supplémentaires dans les forces de l’ordre… Que faut-il retenir du discours prononcé ce mercredi par le Premier ministre Manuels Valls à l’Assemblée nationale, avant le débat sur l’accueil des réfugiés affluant en Europe ? 20 Minutes fait le point.

Lire notre reportage: L'Assemblée s'écharpe sur l'accueil des réfugiés

Le contrôle des frontières françaises pourrait être temporairement rétabli

« Nous avons déjà rétabli ce printemps des contrôles temporaires à cette frontière. Et nous n’hésiterons pas à le faire de nouveau comme les règles de Schengen le permettent à chaque fois que les circonstances l’imposent, si c’est nécessaire dans les prochains jours ou prochaines semaines », a déclaré le chef du gouvernement, alors que la droite a cherché à orienter le débat sur l’espace Schengen et la libre circulation des personnes au sein de l’UE. 

Valls «n'hésitera pas» à rétablir un contrôle temporaire aux frontières

Plus de 500 millions d’euros pour accueillir et héberger les réfugiés

Le gouvernement, a annoncé Manuel Valls, va débloquer 279 millions d’euros supplémentaires pour l’accueil des réfugiés et 250 millions d’euros pour l’hébergement d’urgence.

La première ligne budgétaire, dont environ un tiers vient de fonds européens, ira « au premier accueil, à l’hébergement d’urgence, à l’aide forfaitaire aux communes », ainsi que pour renforcer les effectifs de l’Ofpra (Office français de protection des apatrides), de l’Ofii (Office français de l’immigration et de l’intégration) et de l’Education nationale, a précisé Manuel Valls.

Pour 2017, ces crédits supplémentaires doivent atteindre 334 millions, a par ailleurs indiqué Matignon à l’AFP, soit un total dépassant les 600 millions d’euros d’ici la fin 2017.

250 millions d’euros pour l’hébergement d’urgence des Français

Le gouvernement veut aussi soutenir les Français en difficulté. Des fonds pour l’hébergement d’urgence et la « veille sociale » vont être débloqués, afin d’éviter notamment de léser les sans-abris à l’approche de la saison hivernale. Il s’agira d’une enveloppe de 250 millions d’euros des crédits sur les douze mois à venir, dont 130 millions « dès le mois prochain ».

« La solidarité, c’est garantir un accueil des réfugiés et demandeurs d’asile », mais cette solidarité « ne doit pas dégrader la situation de celles et ceux de nos concitoyens qui ont besoin d’être aidés », a souligné Manuel Valls.

900 postes supplémentaires dans les forces de l’ordre

Alors que la crise migratoire a notamment nécessité des renforts policiers dans la région de Menton, près de la frontière italienne, et à Calais, à l’entrée du tunnel sous la Manche, 900 postes vont être créés, « notamment dans la police aux frontières », a annoncé le Premier ministre. Ces effectifs supplémentaires coûteront 40 millions en année pleine, a précisé à l’AFP l’entourage du chef du gouvernement.

Les positions de l’opposition battues en brèche

Manuel Valls, qui a de nouveau défendu les positions franco-allemandes visant à accueillir les demandeurs d’asile et réfugiés tout en refoulant les « migrants économiques », a également profité de son discours pour critiquer des propositions de la droite, dont celle de l’ancien président Sarkozy, ainsi que de l’extrême-droite.

Sur la proposition d’un statut temporaire de « réfugié de guerre » du président des Républicains, Manuel Valls a souligné qu'« octroyer une protection temporaire ne prive en aucun cas du droit de demander l’asile », là où Nicolas Sarkozy propose un retour dans le pays d’origine une fois les troubles terminés.