Les ambulanciers en grève dans plusieurs régions

SANTÉ Les manifestations ont eu lieu à Nancy, Lille, Amiens, Nantes, Bordeaux, Poitiers, Dijon et Orléans...

Laure Cometti

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Une soixantaine d'ambulance sont manifesté le 2 octobre 2014 à Paris.
Une soixantaine d'ambulance sont manifesté le 2 octobre 2014 à Paris. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Journée de mobilisation pour les ambulanciers qui ont manifesté ce mercredi matin dans plusieurs villes de France, à l’appel de la Chambre nationale des services d’ambulances (CNSA). Ils dénoncent « le mépris » du gouvernement envers leur profession qu’ils estiment « en danger » et réclament notamment une revalorisation de la garde de nuit.

Les manifestations ont eu lieu à Nancy, Lille, Amiens, Nantes, Bordeaux, Poitiers, Orléans et Dijon où les ambulanciers et leurs ambulances étaient mobilisés.

Revalorisation de la garde de nuit

Anthony Poirel, un responsable de la CNSA, a réclamé « une gouvernance du transport sanitaire ». « Aujourd’hui, a-t-il dit, on ne peut pas simplement raisonner en termes de dépenses et d’augmentation du volume de transport sans mentionner, en contrepartie, l’économie générée par ces transports », a-t-il déclaré prenant l’exemple « des personnes hospitalisées à domicile » qui se trouvent « dans une cellule d’hospitalisation moins chère qu’à l’hôpital » mais qui « peuvent avoir besoin, pour un examen ou une radio, d’un transport de temps en temps ».

Patrick Vasseur, coordinateur régional du mouvement, a réclamé la « revalorisation de la garde de nuit », une des principales revendications des ambulanciers. Selon eux, l’indemnité de 346 euros par nuit n’a pas été revalorisée depuis près de 12 ans, alors que « cela revient très cher à une petite structure de mettre à disposition un véhicule et deux ambulanciers la nuit ».

Instauration d’une TVA à 2,1 %

Autre demande, l’instauration d’une TVA à 2,1 %. « On considère que le transport sanitaire est un médicament, c’est prescrit par un médecin. Donc on voudrait une TVA à 2,1 % » sur les transports couchés, soit celle appliquée pour les médicaments remboursés, a expliqué Freddy Brochard, qui dirige une compagnie à son nom.

« Sans un maillage du territoire par un transport sanitaire professionnel, le patient est en danger », a déclaré Vincent Juteau, président régional de la CNSA. « Le mépris, ça suffit », a-t-il poursuivi, réclamant la tenue de tables rondes, « promises » lors du dernier mouvement mais qui « n’ont jamais eu lieu ».

Le transport sanitaire en France regroupe 5 200 sociétés d’ambulances employant 50 000 salariés. Chaque jour, près de 40 000 patients sont transportés en ambulance, 14 millions chaque année, selon les chiffres de la CNSA.