Réforme du collège: La première grève de l'année scolaire prévue ce jeudi

EDUCATION Le mouvement contre la réforme portée par Vallaud-Belkacem est piloté par le SNES...

20 Minutes avec AFP

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La ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem lors de la rentrée des classes mardi 1er septembre à Pouilly-sur-Serre dans le nord de la France.
La ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem lors de la rentrée des classes mardi 1er septembre à Pouilly-sur-Serre dans le nord de la France. — SIPA

Pour les syndicats de professeurs, la rentrée 2016 se prépare dès jeudi. Les principaux mouvements appellent à un mouvement de grève ce jeudi pour protester contre la réforme portée par la ministre Najat Vallaud-Belkacem, qui doit entrer en vigueur en septembre prochain.

Cette réforme prévoit notamment davantage d'interdisciplinarité (cours mêlant par exemple le français et l'histoire), une autonomie accrue des établissements, un accompagnement personnalisé, l’apprentissage d'une deuxième langue vivante dès la 5e mais la disparition d'une grande partie des classes bilingues (qui démarrent en 6e), la fin des options latin et grec, remplacées par des modules langues et culture de l'Antiquité...

La grève sera-t-elle suivie ? Pour ce premier «test» depuis la reprise des classes, le SNES bat le rappel, au sein d'une intersyndicale composée, entre autres, du Snalc, de FO, de la CGT, de Sud...

Rassemblements à Paris et en province

Des rassemblements sont prévus à Paris et en province, avant une manifestation en octobre. «Pour nous, la priorité, c'est ce 17 septembre», déclarait il y a peu Roland Hubert, co-secrétaire général du SNES, syndicat majoritaire dans le secondaire et fer de lance de l'opposition au projet de réforme.

Chacun sera très attentif à l'ampleur de la mobilisation. Le mouvement de protestation peut-il repartir après la trêve de l'été? La grève de juin avait déjà été nettement moins suivie que celle de mai. Et certains doutent de la volonté des profs à ne pas assurer leurs cours quelques jours à peine après la rentrée.

Sur Twitter, où se sont déchaînés adversaires et partisans avant l'été, sous le mot-clé #college2016, l'intensité semble avoir baissé d'un cran en ce début septembre. Le SNES réclame une modification des textes, déjà publiés au Journal officiel.

Il refuse l'autonomie accrue des établissements, qui creusera selon lui le fossé entre les «bons» et les «mauvais» établissements, et qui pourrait donner plus de pouvoir au principal, au détriment de l'équipe pédagogique.

Crainte d'une fuite vers le privé

Les syndicats réfractaires à la réforme ne veulent pas d'une interdisciplinarité imposée, dans un pays où la journée de classe au collège a toujours été découpée en tranches: une heure, une classe, une discipline. A la différence de nombre d'établissements à l'étranger.

Enfin, ils brandissent la crainte d'«une fuite vers le privé», qui doit pourtant lui aussi appliquer la réforme, du moins les établissements sous contrat. La direction de l'enseignement catholique, le syndicat majoritaire du privé (la Fep-Cfdt) et la fédération des parents d'élèves (Apel) ont accueilli favorablement, avec quelques réserves, les textes du ministère.

Dans le public, deux syndicats minoritaires soutiennent le «nouveau collège», le SE-Unsa et le Sgen-CFDT. Ce dernier s'inquiète cependant du plan de formation des enseignants prévu par le ministère, qu'il juge insuffisant et tardif.