Budget de la Sécurité sociale: Les trois mesures clés proposées par la Cour des comptes

ADDITIONS Il existe des « marges de manoeuvres importantes », insiste Didier Migaud…

M.P. avec AFP
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Le prédident de la Cour des Comptes Didier Migaud présente le rapport de l'institution concernant la Sécurité sociale, le 17 septembre 2014 à Paris
Le prédident de la Cour des Comptes Didier Migaud présente le rapport de l'institution concernant la Sécurité sociale, le 17 septembre 2014 à Paris — Stéphane de Sakutin AFP

La Sécurité sociale, qui fête ses 70 ans cette année, est en petite forme. Le diagnostic du « Dr » Migaud, le premier président de la Cour des comptes, est sans appel : sans réforme structurelle, sa pérennité même est engagée. Ces réformes « ne peuvent être différées », a assuré ce mardi Didier Migaud devant la presse. « Une nouvelle fois, une part des prestations a été financée à crédit alors même qu’il s’agit de dépenses courantes. Il s’agit là d’une anomalie profonde, dangereuse, d’autant que des marges de manœuvre importantes existent pour réduire ce déficit », a-t-il insisté.

Comme chaque année, le président de la Cour des comptes a présenté son plan d’attaque pour remettre sur pied les comptes de la Sécu, pointant principalement les infirmiers libéraux et les kinésithérapeutes. 20 Minutes fait le point sur les principaux secteurs ciblés.

Les infirmiers et les kinés

« Ils ont pesé à hauteur de dix milliards d’euros sur les comptes de l’Assurance maladie en 2014. En plus, ces dépenses augmentent beaucoup plus rapidement que les autres dépenses de santé, soit une hausse de près de 6 % par an », rapporte Franceinfo.fr. Cette évolution, trop forte, serait d’après les magistrats de la rue Cambon déconnectée des besoins réels de la population.

« La Cour estime que l’explosion des soins infirmiers n’est pas tant due à la hausse du nombre de personnes âgées et d’affections de longue durée qu’à l’abondance de l’offre de soins : elle crée sa propre demande et entraîne des coûts injustifiés. Les infirmiers sont mal répartis sur le territoire, et pas forcément là où sont les malades », détaillent Les Echos.

L’institution demande donc la mise en place de contrôles réguliers, alors que seulement 87 procédures ont été engagées contre des infirmiers libéraux en 2013. Les magistrats réclament également la mise en place d’une enveloppe et proposent qu’en cas de dépassement, les tarifs des actes de soins soient alors revus à la baisse.

Les maternités

La Cour des comptes a mis en avant le cas des maternités, et surtout la situation financière fragile d’un grand nombre « d’entre elles, due notamment à » l’absence de respect des normes de fonctionnement « de certaines nécessitant » une recomposition ordonnée" (et d’éventuelles fermetures) pour garantir la sécurité des soins. Des centres de lutte pour le cancer, fragiles aussi, pourraient également fusionner.

Les soins liés à l’insuffisance rhénale chronique

Voilà un autre secteur qui pourrait fonctionner différemment et mieux, selon la cour des Comptes, celui des dépenses liées à l’insuffisance rénale chronique terminale, qui pèsent pour 3,8 milliards dans le budget 2013. Il faudrait notamment « une réorientation de l’effort financier vers la prévention », au développement accru de la greffe et à une révision des modes de tarification des soins par dialyse. Les propositions liées à l’insuffisance rénale permettraient 900 millions d’euros d’économies à moyen terme.