Polynésie: Une homme de 25 ans condamné à 30 ans de réclusion pour les meurtres de sa mère et de sa soeur

JUSTICE En garde à vue, Raiarii Tihupe-Faana avait déclaré avoir supprimé sa mère pour qu'elle «parte tranquille»...

20 Minutes avec AFP

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Justice: balance de la justice
Justice: balance de la justice — Jacques Demarthon AFP

Les faits s'étaient déroulés dans la nuit du 30 au 31 août 2013, sur la petite île de Tubuai située dans l'archipel des Australes, au sud de Tahiti. Alors que sa mère, 47 ans, et sa soeur adoptive de 14 ans dormaient dans le salon, Raiarii Tihupe-Faana les avait poignardées à des dizaines de reprises avec deux couteaux de cuisine. Le jeune homme avait ensuite pris des clichés des corps, à l'aide de son téléphone portable, pour, avait-il dit en garde à vue, que les enquêteurs le croient. Au levé du jour, il s'était rendu à la gendarmerie de l'île, couvert de sang.

Vendredi soir, l'homme de 25 ans a été condamné par la cour d'assises de Papeete en Polynésie française, à 30 ans de réclusion criminelle .

«C'était comme si j'étais possédé»

L'audience, qui s'est étalée sur deux jours, n'a pas permis de déterminer le mobile du double homicide. «C'était comme si j'étais possédé. Je n'avais pas de raison valable pour faire ça. Je ne sais pas comment expliquer mon acte mais je n'étais pas dans mon état normal quand ça s'est produit. Je regrette ce que j'ai fait», a déclaré depuis son box le jeune homme. Un accusé qui a gardé les yeux braqués au sol lorsque les photos de la scène ce crime, insoutenables, ont été diffusées.

Plusieurs hypothèses ont été avancées au cours de l'audience pour expliquer son geste : le fait que sa mère ait refusé de lui prêter sa voiture ou, encore, qu'il ait éprouvé une profonde jalousie à l'égard de sa jeune soeur adoptive alors qu'il était considéré, jusqu'à son arrivée, comme le «chouchou» de la famille.

Aucune pathologie mentale

En garde à vue, Raiarii Tihupe-Faana avait déclaré avoir supprimé sa mère pour qu'elle «parte tranquille». «Il nous a dit qu'il voulait la libérer car il voyait qu'elle était sujette à des crises de nerf», a précisé, à l'audience, le directeur d'enquête. Quant à la soeur, «elle était là au mauvais moment».

Fumeur régulier de cannabis et consommateur d'alcool, le comportement de l'accusé avait radicalement changé quelques mois avant les crimes, selon plusieurs de ses proches. Il lui arrivait de «parler seul» et de se promener, à cheval, la nuit. Il se montrait également cruel envers les animaux. Pour autant, les psychiatres ont estimé qu'il ne souffrait d'aucune pathologie mentale susceptible d'altérer son discernement au moment des faits.