Soupçons de viol au quai des Orfèvres: Une centaine de policiers soumis à un test ADN

ENQUETE Les enquêteurs cherchent à savoir à qui appartient une des traces ADN retrouvée sur les vêtements de la jeune Canadienne qui a porté plainte pour viol…

D.B. avec AFP

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Un policier devant le 36 Quai des Orfèvres à Paris, le 6 février 2015
Un policier devant le 36 Quai des Orfèvres à Paris, le 6 février 2015 — Kenzo Tribouillard AFP

L'enquête sur le viol présumé d'une touriste canadienne au 36 quai des Orfèvres, dans la nuit du 22 au 23 avril 2014, avance.

Les deux juges d’instruction chargés de l’enquête ont ordonné que plusieurs dizaines de policiers soient soumis à un test génétique. Plus d’une centaine de membres de la Brigade criminelle, de la Brigade des stupéfiants et de la BRI sont concernés.

VIDEO. Les quatre plus gros scandales du 36 quai des Orfèvres

Les prélèvements débuteront ce jeudi matin dans les locaux du 36, quai des Orfèvres, où se sont déroulés les faits. Le 22 avril 2014, dans un pub irlandais situé en face du siège de la PJ parisienne, des policiers - hors service - de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) s’étaient liés avec une touriste canadienne de 34 ans dont le père était dans la police. Ils lui avaient fait visiter le mythique siège de la PJ. La jeune femme en était ressortie en larmes extrêmement choquée, affirmant avoir été violée. Elle avait porté plainte.

Une trace ADN non identifiée

Avec cette collecte, les juges espèrent faire « matcher » une empreinte ADN avec une trace de sperme trouvée sur la victime. Quatre traces ADN avaient été retrouvées sur les sous-vêtements de la victime. Trois ont été identifiés : celui des deux policiers mis en examen et celui du policier placé sous le statut de témoin assisté. Le quatrième ADN est inconnu, ce qui explique l’opération, très inhabituelle et rare dans la police, menée ce jeudi, a indiqué une source proche de l’enquête, confirmant une information de RTL.

Les deux policiers dont es traces ADN ont été identifiées sur la jeune femme sont mis en examen dans cette affaire pour « viol en réunion ». Un troisième fonctionnaire est lui placé sous le statut de témoin assisté. Mais tous nient le viol et l’un d’eux a déclaré avoir eu des relations sexuelles consenties avec la jeune femme. Reste que des vidéos et des SMS suspects ont disparu que de leurs portables.

Une « opération scandaleuse sur la forme et inutile sur le fond »

« L’opération de prélèvement sera faite sur le personnel actif et administratif dans le cadre de l’enquête menée par l’IGPN », la « police des polices » en charge de l’enquête, a confirmé une autre source proche du dossier.

Synergie (second syndicat d’officiers de police) a dénoncé une « opération scandaleuse sur la forme et inutile sur le fond ». « La mise en scène de la descente délirante » de l’IGPN « jette l’opprobre sur un service prestigieux et stigmatise les policiers du "36" » a fait valoir son secrétaire général, Patrice Ribeiro.